L’évolution d’Aix en Provence au fil des siècles



Découvrons les différentes évolutions de la ville au fil des siècles, le tout sous forme de cartes retraçant ses divers agrandissements.

Je précise que malgré la présence de remparts autour de la ville pendant une bonne partie des siècles passés, il ne faut pas imaginer que sa périphérie était totalement inhabitée. Il y a toujours eu ça et là de petits « faubourgs » et regroupements d’habitations.


L’antiquité :

La zone occupé par la ville d’alors était située légèrement vers le nord-ouest. Une porte monumentale se trouvait à l’angle sud-est, plus tard englobée dans le palais comtal.

Aix sous l’antiquité – Photo : Google Earth

Note: j’ai volontairement simplifié toute cette partie de l’histoire de la ville pour ne pas encombrer l’article de détails trop complexes, vous me pardonnerez donc d’avoir été excessivement « léger » quand à mon approche de l’histoire de la ville à cette période.


Vers le XIIe siècle :

Les siècles passant, la ville antique laissa sa place à 3 zones d’habitat biens distinctes :
le bourg Saint-Sauveur (au nord)
la ville Comtale (au centre)
la « Ville des Tours » à l’ouest – (ou Villa de Turribus ou encore Turres Aquenses, son nom attesté dès le XIe siècle) – Voyez l’article consacré aux recherches de Jean Pourrière pour en savoir plus)
Notons que la ville Comtale et le bourg Saint-Sauveur étaient séparés par un chemin autrefois nommé « chemin de la Frache », un terme venant du provençal « fracha » qui signifie « couper » ou « délimiter ». Ce chemin est devenu l’actuelle rue Paul Bert.

Aix vers le XIIe siècle – Photo : Google Earth

Le XIIIe siècle :

Comme on peut le voir, le bourg Saint-Sauveur et la « Ville des Tours » gardent la même superficie. En revanche, la ville comtale s’est agrandie vers le sud et l’ouest. C’est durant ce siècle que fut crée l’ancienne Maladrerie Saint-Lazare destinée à l’accueil des lépreux et installée en dehors de la ville. L’église Saint-Jean-de-Malte remonte à la fin de ce siècle. C’est aussi à cette période qu’est apparue la zone ou se trouve l’impasse Paradis.

Aix vers le XIIIe siècle – Photo : Google Earth

Le XIVe siècle :

C’est en 1357 que fut signé le pacte d’unification de la ville Comtale au bourg Saint-Sauveur. Désormais, le bourg Saint-Sauveur et la ville comtale ne forment qu’un seul bloc. La « Ville des Tours », à l’ouest, fut abandonnée par ses habitants à la fin de ce siècle en raison des multiples attaques et épidémies. C’est à cette période qu’apparue l’ancienne Place aux Herbes. C’est lors de l’agrandissement des remparts vers l’ouest que sera édifiée la Tourreluque, formant ainsi une nouvelle zone qui accueillera, entre autre, la rue du Cancel.

Aix vers le XIVe siècle – Photo : Google Earth

Le XVe siècle :

La ville s’étend désormais dans plusieurs directions. A l’ouest, l’installation d’artisans travaillant le cuir donnera son nom au quartier des Tanneurs. Au sud, une vingtaine d’auberges s’installent rue des hôtelleries qui deviendra l’actuelle rue Espariat. C’est a cette époque qu’eu lieu l’exécution de la rue du Bon Pasteur et que fut érigée la tour de la rue Lisse-Bellegarde fut érigée.

Aix vers le XVe siècle – Photo : Google Earth

Le XVIe siècle :

La fin du XVI siècle à vu naître un agrandissement majeur de la ville d’Aix : le quartier de Villeneuve à l’ouest de la place des Prêcheurs. C’est a cette époque que date la légende du pendu de la Place des Trois Ormeaux. C’est aussi à cette époque que l’ancienne Bastide du roi René fut transformée en infirmeries. A la fin de celui-ci fut fondé l’Hôpital de la Miséricorde. Cette période est celle de la naissance des portes de la cathédrale Saint-Sauveur et celle de la construction de la tour de l’horloge sur la place de l’hôtel de ville ainsi que la construction de l’église de l’Annonciade.

Aix vers le XVIe siècle – Photo : Google Earth

Le XVIIe siècle :

La ville subira deux agrandissement au cours de ce siècle:

1 – Le quartier Villeverte :

A partir de 1605, le quartier Villeverte est édifié à l’ouest. Ce quartier, englobant entre autre, les actuelles rues des Bernardines de la Couronne et Leydet, porta longtemps ce nom de Villeverte en raison du fait qu’il fut bâti sur un terrain formé de vastes prairies. La première moité du XVIIe siècle a vu la naissance de l’ancienne halle aux poissons.

Aix au XVIIe siècle lors de l’agrandissement de Villeverte – Photo : Google Earth

2 – Le Cours et le quartier Mazarin :

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, le quartier Mazarin sort de terre doublant presque la superficie de la ville. A la même période les remparts sud du XVe et XVIe siècles de la ville sont détruits et un cours à carrosses (cours Mirabeau depuis 1876) fut crée entre la ville ancienne et ce nouveau quartier. La ligne de rempart longea désormais le sud du quartier Mazarin. C’est durant la seconde moitié du XVIIe siècle que fut construit le pont des Trois-Sautets.

Aix au XVIIe siècle lors de la création du quartier Mazarin – Photo : Google Earth

Du XVIIIe au XIXe siècle :

La ville ou du moins ses frontières n’avaient quasiment pas changé depuis le XVIIe siècle. Des habitations se sont ajoutée entre autre vers le quartier Saint-Louis au XVIIIe.

C’est à cette époque que le Palais Comtal fut détruit, ce qui engendra de gros changements urbains dans le quartier entourant la place des Prêcheurs. Plusieurs rues disparurent dans ce quartier : certaines totalement, d’autres partiellement comme la rue Bueno-Carriero ou certaines entourant  La fin du XVIIIe siècle sera aussi marquée par le projet d’ouverture du Cours sur une nouvelle place, devenue Rotonde, qui engendra la destruction de l’ancienne Fontaine des Chevaux-Marins et la création de la route qui fut le chemin de Marseille,aujourd’hui nommé avenue des Belges.


La disparition des remparts au XIXe siècle :

A partir de 1848, il est décidé d’abattre ce qu’il reste des remparts (ils avaient déjà été abaissés à plusieurs endroits, par exemple vers le quartier Saint-Jean). Les portes elles aussi seront détruites. La décision d’abattre ce qu’il restait des murailles fut prise afin « d’ouvrir » d’avantage la ville et en raison de leur vétusté. Vous trouverez plus d’informations à ce propos dans les deux articles ci-dessous :


A partir de la seconde moité du XIXe siècle :

Le centre d’Aix de nos jours – Photo : Google Earth

Comme nous pouvons le découvrir sur la photographie ci-dessus, ce qui formait autrefois Aix est aujourd’hui ce que l’on considère être le centre-ville. Dès le milieu du XIXe siècle, la ville s’est en effet développée bien au delà des anciens remparts. En 1855, de nouveaux abattoirs furent construits dans le quartier d’Orbitelle, le Jardin Rambot, premier jardin public de la ville fut crée en 1864. C’est à cette période qu’est apparue la première gare de la ville en 1856, devenue gare de marchandises en 1877. C’est aussi à cette période que les vestiges de l’ancien couvent des Grands Carmes sont devenus le Passage Agard. Sans oublier la place Jeanne d’Arc créée vers 1870 et celle des Chapeliers en 1859. Le XIXe siècle est aussi le siècle du sauvetage définitif de la tour de l’horloge.


Le XXe siècle :

La première moitié du XXe siècle a vu l’apparition d’un nouvel hippodrome de (la) « Parade » aujourd’hui disparu et aussi la création d’un casino municipal (1923-2003) mais aussi la mutilation de l’hôtel d’Estienne d’Orves. Dans la seconde partie du XXe siècle, la ville s’est étendue d’avantage lors de la création, entre autres, des quartiers ouest (Jas de Bouffan, Encagnane). Elle a aussi vu la disparition de certains de ses monuments comme celui à la gloire de Mirabeau ainsi que le déplacement des abattoirs d’Orbitelle dans le quartier d’Encagnane en 1932


– Sources :
 – « Aix-en-Provence et le Pays d’Aix » par Jean-Paul Coste,
 – « 1409-2009 Roi René » et son CD-ROM édités par la ville d’Aix-en-Provence et le CG13,
« Recherches sur l’ancienne cathédrale d’Aix-en-Provence » par Jean Pourrière,
« Carte archéologique de la Gaule – Aix-en-Provence, Pays d’Aix, Val de Durance » par Nuria Nin et Florence Mocci,
« Aix Romaine » par Robert Ambard,
– les plans anciens d’Aix disponibles sur le site de la BNF – Gallica,
– et ceux présent dans l’ouvrage « Plan des Villes – Aix-en-Provence » et son CD-ROM par Michel-Edouard Bellet et Marc Heller (également consultables à la bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence).
– Le fond de carte provient du logiciel Google Earth.

Le choix de leurs mise en forme (réalisée par mes soins avec le logiciel Photoshop CS6) avec texte en police Myriad Pro et calque blanc d’opacité moyenne, gommé là où l’on veut montrer ce qui doit être mis en évidence sur la vue, est le plus classique et répandu qui soit, et n’a été choisi que par souci de visibilité et sans AUCUNE volonté de recopier ou plagier les travaux de qui que ce soit.

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- Les textes et images (images où figure le logo Aix en découvertes) de cet article
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