De grandes dates aixoises en musique classique

Vous n’êtes pas sans savoir que la Fête de la musique d’Aix a été déplacée au vendredi 24 juin (aujourd’hui donc) en raison d’un match de l’Euro 2016 se tenant à Marseille (ceci pour une question de sécurité).

A cette occasion, nous allons illustrer de grandes dates aixoises avec de la musique classique !

Ne paniquez pas, j’en vois déjà certain(e)s d’entre vous se laisser tenter par l’envie de fuir à la seule lecture de l’expression « musique classique » et pourtant, restez. En effet, vous connaissez forcément les compositions que je vais vous présenter et il va être très intéressant de les replacer chacune à leur époque par rapport à l’histoire de la ville.

En gros, on va dire que chaque morceau sera lié à un événement et c’est ce que les contemporains de chacune de ces époques auraient pu écouter à la radio ou voir à la télé ou sur internet si ces médias avaient existé à l’époque.


A savoir :

Depuis que ce site existe, nous avons eu l’occasion de parcourir bon nombre de monuments, de lieux et d’événements datant de diverses époques. Depuis toujours, chaque période fut accompagnée par un art universellement connu : la musique.

Une bonne occasion de resituer dans le temps quelques unes des grandes dates de la ville avec des compositions assez voir très connues qui furent écrites à ces moments par de grands compositeurs de toutes nationalités. Je précise bien que nous n’allons donc pas nous intéresser à des compositeurs aixois (même si j’en ai déjà parlé avec André Campra).

Cela nous permettra aussi de nous apercevoir que certains morceaux que l’on pense très anciens sont en réalité plus récents et inversement. Cette sélection de grandes dates est non exhaustive et elle ne fut guère évidente. Il a fallu en garder et en jeter mais je ne pouvais bien évidement pas toutes les mentionner.

Et tant qu’à faire, ce petit article sera une sorte de rappel d’une partie de tout ce que nous avons pu croiser au fil de tous mes articles.

Le tout sera présenté chronologiquement.


 – Note : Les vidéos que je vais vous présenter dans cet article sont sur Youtube et n’étant pas hébergées par mes soins, il n’est pas impossible qu’un jour ou l’autre elles ne soient plus disponibles.


La musique « classique » – petit rappel :

Le terme « musique classique » est une sorte de fourre-tout bien mal utilisé.

En réalité, on devrait parler de musique savante. Le style classique ne s’étant réellement étalé qu’à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle jusqu’à la fin de celui-ci.

Pour faire simple, voici une petite chronologie simplifiée des différents styles de musique savante :
– XVIe siècle 
: style Renaissance (autour de 1500-1600)
– XVIIe et XVIIIe siècle : style Baroque (autour de 1600-1750) et style Classique (autour de 1750-1800)
– XIXe siècle : style Romantique (autour de 1800-1900)
– XXe et XXIe siècle : style Moderne (autour de 1900-1950) et style Contemporain (autour de 1950 jusqu’à nos jours)

Malgré ces multiples déclinaisons, je garderai l’appellation « musique classique » dans la suite de cet article afin de simplifier.


Milieu du XVIIe – La création du cours Mirabeau :

On commence avec ce qui fut l’un des agrandissements majeur de la ville, la création du quartier Mazarin et celle du cours Mirabeau.

Jusqu’à la première moitié du XVIIe siècle, la ville ne s’étendait que jusqu’à ce qui forme aujourd’hui la rive nord du cours Mirabeau, celle des cafés. Cette rive accueillait alors les remparts sud de la vieille ville.

Vers la moitié de ce siècle, un nouveau quartier fut crée plus au sud : le quartier Mazarin. Sa configuration était très différente de celle de la ville ancienne, ses rues étaient bien droites, se coupant à angle droit, l’idéal pour la circulation des carrosses.

Les carrosses, parlons-en : entre la vieille ville et ce nouveau quartier fut crée à la même époque un cours à carrosses, d’abords nommé « le Cours », il ne gagnera le nom de Mirabeau que bien plus tard.

 – La musique classique à l’époque : Le Canon de Pachelbel 

Composée vers 1700, cette œuvre baroque (dite aussi « Canon en ré majeur ») est le fruit du compositeur allemand Johann Pachelbel (1653-1706). Elle ne date pas exactement de la création du cours et du quartier Mazarin mais bien que légèrement postérieure aux événements, elle n’en n’est pas trop éloignée.

C’est aussi celle de l’époque qui me paraissait la plus reconnaissable, même par des « non-spécialistes » du genre.


Fin XVIIIe – La destruction Palais Comtal :

Pour ne pas me repéter, vous trouverez toutes les infos liées à ce lieu dans cet article.

La musique classique à l’époque : Le Requiem de Mozart

Composé en 1791, période très proche de la destruction du Palais, nous devons ce requiem (dit aussi messe de Requiem en ré mineur (KV 626)) au compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).

Pour l’anecdote, il mourut alors qu’il ne l’avait pas achevé et n’en n’a réellement composé que les deux tiers, seulement quelques parties de quelques morceaux. C’est un de ses élèves qui acheva l’œuvre du maître.

Le hasard des dates fait bien les choses et quoi de mieux comme choix qu’un requiem pour illustrer la disparition de ce qui fut l’un des édifices majeurs de la ville d’Aix d’autrefois. Voila pourquoi j’ai choisi cette composition, qui, il faut bien l’avouer, n’est pas des plus gaies.

Parmi les multiples versions disponibles sur Youtube, la représentation que je vous propose est l’une des plus réussie que j’ai pu écouter.


Début XIXe – Le palais de justice et la prison :

Restons avec le Palais Comtal où suite à sa destruction on prit la décision de créer deux bâtiments distincts pour tenir deux rôles que le palais englobait.

C’est ainsi que sur son emplacement et celui du quartier qui l’entourait furent édifiés au début du XIXe siècle l’actuel palais de justice ainsi que la prison qui n’en est plus une aujourd’hui puisqu’elle accueille la cour d’Appel. Il furent achevé vers 1832. [Pour plus d’infos voyez cet article]

La musique classique à l’époqueLe Concerto pour violon n° 2

Ce concerto aussi nommé « Concerto pour violon n° 2 en mi mineur – opus 64 » par les puristes est l’œuvre du compositeur allemand Felix Mendelssohn (1809-1847). Il n’est pas exactement de la période du palais de justice et de la prison car il fut achevé en 1844, il est donc postérieur de près 10 ans de ces deux monuments mais je n’ai pas trouvé de morceau assez connu datant de leur période.

Et si les premières mesures de ce morceau vous paraissent familières c’est normal, il fut en effet réutilisé en 1993, dans une version légèrement réorchestrée, dans le film Les Visiteurs.


1860 – La fontaine de la Rotonde :

On a du mal à l’imaginer mais il fut un temps où la fontaine monumentale de la Rotonde n’existait pas.

Et si l’on remonte encore plus loin dans le temps, avant les années 1780/90, c’est la place elle même qui n’existait pas ! Le niveau du sol était bien plus bas que de nos jours, le tout formant une forte déclinaison.

A la fin du XVIIIe siècle, la place fut créée en remblayant le terrain (notamment avec des débris issus de la destruction du Palais Comtal).

La fontaine n’y fut construite qu’en 1860. [Pour plus d’infos voyez cet article]

La musique classique à l’époqueFranz Liszt – Liebesträume 

Nous devons Liebesträume, ou « Rêves d’amour » en français, au compositeur hongrois Franz Liszt (1811-1886). Cette partie est la troisième d’un recueil de 3 œuvres publiées vers 1850 et composées pour piano et voix.

Exceptionnellement, j’ai choisi une version un peu différente, car bien que le piano soit là, il est aussi accompagné d’un violoncelle.


 1876 –  Le cours devient Mirabeau :

Comme je l’ai dit précédemment, le cours est resté quelques temps (presque deux siècles) sans porter le nom de Mirabeau. Ceci eu lieu dès 1876 par décret signé du président Patrice de Mac-Mahon.

– On pouvait lire un début d’idée dans le Mémorial d’Aix du 20 août 1876 :

Sur le vœu émis (…) le conseil décide de donner le nom de Mirabeau à un cours ou à une rue de la ville. (M.A. du 20/08/1876)

L’idée était là mais visiblement pas encore arrêtée à ce moment de l’histoire. La décision définitive fut sûrement prise et validée dans les semaines ou mois qui ont suivis

Mais malgré ce changement pourtant vieux de plus d’un siècle, nombreux sont celles et ceux qui encore aujourd’hui utilisent juste l’appellation « le cours » pour parler de ce qui est l’artère la plus célèbre de la ville. [Pour plus d’infos voyez cet article]

La musique classique à l’époque : Le Requiem de Verdi (Dies Irae)

Composé en 1874, soit deux ans avant que le cours ne soit renommé, ce requiem est du compositeur italien Giuseppe Verdi (1813-1901).

Cette œuvre n’est pas célèbre dans sa totalité mais le morceau que je vous ai choisi, le fameux Dies Irae de ce requiem (à ne pas confondre avec celui de Mozart) est connu de tous du fait qu’il ait très souvent été repris dans divers films.


1932 – Aix devient Aix-en-Provence :

Il fut un temps où Aix était juste « Aix » qui tout en étant en Provence s’appelait juste « Aix » (et oui !).

Ceci jusqu’en 1932 où par décret du 2 février 1932 signé du président Paul Doumer, la ville put ajouter une particule géographique à son nom.

 – On pouvait lire dans le Mémorial d’Aix du 14 février 1932 :

Le maire d’Aix a l’honneur de porter à la connaissance de la population que, conformément à la délibération du Conseil Municipal d’Aix du 3 août 1931, notre ville a été autorisée par décret en date du 2 février 1932 à porter désormais le nom de Aix-en-Provence. (M.A. du 14/02/1932)

Peut-être que cela fut décidé dans le but de différencier les différentes Aix de France…?

La musique classique à l’époque : Roméo et Juliette (Danse des chevaliers)

Personnellement, j’ai toujours cru cette œuvre bien plus ancienne alors qu’elle ne date que de l’entre-deux guerres !

Elle est en effet de 1935 et fut composée par le compositeur Serguei Prokofiev (1891-1953). On le dit russe mais né en Ukraine, en bref, on va dire qu’il venait de l’est…

Il a composé le ballet de Roméo et Juliette à partir de l’œuvre de Shakespeare et pour l’anecdote, bien que composé en 1935, le tout a été réécrit à maintes reprises tant il était complexe à danser et inaudible en certains endroits, si bien que le ballet en lui-même ne fut crée que trois ans plus tard !


 Sources :
Chronologie simplifée de la musique savante : bouillondefm.fr
A propos de Johann Pachebel et de son Canon
A propos de Mozart et de son Requiem
A propos du Palais de justice et de l’ancienne Prison d’Aix : structurae.info
A propos de Felix Mendelssohn et de son concerto
A propos de Franz Liszt et de Liebesträume
 Le Mémorial d’Aix du 20 août 1876 (page 1): Archives de la Cité du Livre en ligne
A propos de Verdi et de son Requiem
A propos de Prokofiev et de son ballet
Le Mémorial d’Aix du 14 février 1932 (page 2) : Archives de la Cité du Livre en ligne

 – Photo d’entête :
Par Siren-Com – L’Orchestre symphonique d’Île-de-France à la Salle Pleyel le 23 janvier 2011
Cliché sous Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported

La plupart des infos historiques que j’ai abordées ont déjà été traitées sur le site. Pour en savoir plus fouillez et vous trouverez toutes les infos.


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