L’église des Milles – Chronologie


Avant propos :

– Cet article se veut non-exhaustif.
– Les éléments que je vais citer ici sont probablement incomplets et j’ai été confronté à des sources contradictoires.
– J’ai tout de même essayé d’obtenir quelque chose d’assez concret.
– Ne m’en voulez donc pas si je ne suis pas assez précis sur certains détails.

Cet article est donc a voir comme une certaine tentative de restitution de l’histoire de l’église des Milles.

Cependant, au vu du peu, ou plutôt de l’absence d’infos historiques sur place (à quand au fait ?), mes recherches vaudront toujours mieux que rien.


Les Milles – Chronologie religieuse :

Évoquer l’histoire religieuse du village des Milles et de son église, c’est faire un voyage dans le temps. Cet édifice religieux qui existe depuis plus de trois siècles accompagne toujours la vie des habitants du village.

Au fil du temps, l’église a changé d’apparence, s’est agrandie et son cimetière primitif qui lui était accolé a fini par déménager, la laissant au centre du village, accompagnée de son presbytère.

L’église des Milles
Photo prise le 5 juillet 2020

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Bien avant l’église du village, un autre édifice dans la plaine des Milles?

Aborder l’histoire religieuse de cette zone géographique, c’est aussi élargir notre vision des choses et voir un peu plus loin en terme de distance, mais surtout beaucoup plus loin en matière de temps. En effet, cette église ne serait pas la première à avoir existé sur le territoire entourant Les Milles. Car un autre édifice, selon plusieurs sources, aurait été présent plus à l’ouest, il y beaucoup plus longtemps.

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L’histoire de l’église des Milles va être longuement abordée dans cet article mais avant de l’évoquer, je pense qu’il est intéressant de se pencher sur un autre édifice, beaucoup plus ancien celui-là, qui aurait existé plus à l’ouest du village, à une époque où l’on ne parlait pas encore de ce lieu en tant que « Les Milles » mais en tant que « territoire du Plan d’Aillane ». Un édifice dont on ne sait que peu de choses mais qui a, je l’estime, lui aussi sa place dans cet article.


Donc avant d’aborder l’église des Milles, écartons nous à l’ouest du village vers le XIe siècle :


XIe siècle – Notre-Dame de Couronnade ?

Si l’on s’en tient aux recherches de l’historien aixois Jean Pourrière (1) qui c’est basé sur les écrits du chanoine Marbot et de l’abbé Constantin (tous deux du XIXe), on apprend en effet qu’il aurait pu exister il y a bien longtemps un édifice religieux dans le quartier de la Couronnade, à l’ouest, entre le village et le quartier de Saint-Pons et déjà présente dans des actes du XIe siècle en l’an 1082.

Le secteur de la Couronnade à l’ouest du village des Milles
Photo : Openstreetmap

Le chanoine Marbot mentionnait un édifice du nom de « Sainte-Marie de Columpnadas ». L’abbé Constantin (2) quant à lui, évoquait la construction d’une église bâtie au XIe siècle dans la plaine d’Aillane, un nom qui désignait alors l’immense zone qui entoure les Milles et ses environs.

Jean Pourrière, après des recherches poussées sur cet édifice d’un autre temps, l’a retrouvé aussi nommé :
« ecclesiam Sacte Marie de Columnatas » dans un acte du XIe siècle,
« ecclesia Beate Marie de Colonatis » dans un acte de la fin du XIIe siècle.
Il a aussi remarqué qu’elle est indiquée dans un document du XIIIe siècle comme étant située au lieu dit « Columpnadas ». Ce quartier, connu aujourd’hui sous le nom de « La Couronnade » a eu diverses appellation au fil du temps et selon les actes dans lesquels il fut mentionné comme : « Coronadas » (1223), « Coronatis » (1314), « Coronadis » (1345), « Coronada » (1444), « Colonadas » et « Colonatis » (1517), « Coronado » (1550) ou encore « Coronade » (1575).

A partir de l’étude de l’étymologie du nom des lieux, Pourrière en a ainsi déduit que ça n’est pas l’église qui aurait donné son nom au quartier, mais que c’est elle qui aurait pris le nom des lieux.

Si ces dires dont exacts, une église se serait donc trouvée il y a plus de 800 ans sur le territoire du Plan d’Aillane, et donc celui qui accueillera le village des Milles.

Cette zone aurait donc possédé un lieu de culte environ 600 ans avant que le village qui s’établira plus à l’est sur cette même plaine n’ait eu son église.

Et il y a un détail qui peut conforter cette hypothèse : plus récemment, le millois Lou Barrit, dans son ouvrage « Les Milles, notre village à travers les ages » (5) indiquait que lors d’une visite du quartier de la Couronnade en 1953, plusieurs habitants du coin lui confirmèrent avoir bien retrouvé, et ce, à plusieurs reprises, des pierres qui auraient pu appartenir à cette église aujourd’hui disparue.


Maintenant que nous avons abordé cette hypothétique église d’un autre temps, revenons à l’actuelle église du village des Milles et à sa chronologie que j’ai tenté de retracer…


L’actuelle église des Milles :

Nous allons pouvoir, à présent, tenter de retracer l’histoire de l’église des Milles au fil du temps, avec une sorte de chronologie, siècle après siècle, traversant sa création, ses modifications et les débats qu’elle a pu susciter, notamment avec son cimetière. Nous terminerons en 2021 avec sa dernière rénovation.

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Fin du XVIIe siècle – Le besoin d’un lieu de culte :

Le village des Milles, ou hameau dans un premier temps, s’est établi entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle autour de la zone entourant l’actuelle place Aimé Gazel.

Il faut savoir qu’à cette période, les habitants du territoire du Plan d’Aillane souhaitant assister aux offices religieux devaient alors se rendre jusqu’à la ville d’Aix en raison de l’absence d’église dans leurs environs. Le temps passant et la population grandissant, la situation ne pouvait plus durer. C’est ainsi qu’à la fin du XVIIe siècle, les habitants du hameau réclamèrent à l’archevêque d’Aix, Mgr de Cosnac, que le Plan d’Aillane possède « sa » propre église.

La demande fut acceptée en date du 3 septembre 1696 où l’ordonnance de l’archevêque stipulait la construction d’une église, d’un cimetière et d’une maison claustrale. Elle allait être installée au sud du hameau d’alors, au bord de ce que l’on nommait à cette époque le « chemin d’Aix à Martigues », à l’actuelle intersection entre les avenues Frédéric Mistral et Louis Amouriq (2).

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1696 – La construction de l’église et sa consécration quelques années plus tard :

Si mes sources concordent pour fixer la date de début de sa construction aux alentours de la fin de l’année 1696, elles varient en revanche en ce qui concerne la date de son achèvement et / ou sa consécration :
– Selon les textes de l’abbé Constantin, la construction de l’église se serait achevée en 1702, année où selon lui elle aurait été consacrée.
– Cependant, Robert Ambard, dans son ouvrage « Aix Romaine » indique quant à lui l’année 1711 (4).
– Mais si on va fouiller du côté des registres paroissiaux, on trouve des actes remontant à 1702 où est mentionnée « la paroisse de la Magdeleine du Plan d’Aillane » (5), autrement dit : l’église des Milles :

Extrait des actes baptêmes / mariage / sépultures de 1702 aux Milles. La paroisse de la Magdeleine du plan d’Aillane y est mentionnée à partir de cette époque
Photo : © Archives départementales – Cote : 202 E 73 – 1702
Lien vers le document original (5)

L’année 1702 serait donc l’année à retenir si l’on s’en tient aux documents d’époque.

Orientée dans un axe nord/sud avec l’entrée au sud, son allure, à la fin de sa construction, aurait été bien plus simple qu’actuellement avec des proportions plus modestes. Par ailleurs, à ses débuts, elle ne possédait pas encore sa nef latérale à l’ouest.

Les Milles et Aix sur un plan de 1788
Source : Gallica
Lien direct vers le document

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Fin du XVIIe siècle – Le cimetière de l’église des Milles :

Dès l’apparition de l’église, le cimetière fut installé à proximité de l’église, mais où ?

En effet, on sait que le cimetière est longtemps resté à l’emplacement de l’actuel parking à l’ouest de l’église, cependant, il faut prendre en compte le fait que des ossements auraient, par le passé, été retrouvés dans le sol occupé de nos jours par le jardin du presbytère, à l’est de l’église (6).

Des indices qui laissent place à l’hypothèse que des sépultures aient pu avoir été installées de l’autre côté de l’église, suggérant donc que le cimetière ait eu, du moins, à ses début, une emprise différente. Reste que le cimetière, avec le temps, fut définitivement installé à l’ouest de l’église, là où se trouve l’actuel parking :

L’ancien cimetière du village, adossé à l’ouest de l’église. Désormais parking.
Photo prise le 5 juillet 2020

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1746-47 – L’agrandissement de l’église (et la construction de sa nef latérale ouest ?) :

Le temps passant, un agrandissement de l’édifice devint nécessaire. Mais tout comme pour sa construction, mes sources varient beaucoup en ce qui concerne l’agrandissement de l’église surtout en ce qui concerne son agrandissement vers l’ouest avec la création de sa nef latérale, la travée gauche (il n’y a pas de nef latérale à l’est).

Car si il eu effectivement un agrandissement de l’édifice vers 1746-1747, est-ce pour autant à cette période que fut bâtie la travée ouest ?

– En effet, Lou Barrit (6) indique que cette travée fut construite lors de l’agrandissement de 1747, en empiétant sur une partie du cimetière.
Mais le doute est permis avec un document publié par la Ville d’Aix en 2013 (7) recensant les édifices religieux, où on lit qu’un agrandissement a eu lieu en 1746 (vers 1747 donc) mais que la travée ouest de l’église ne remonterait qu’au XIXe siècle.

Là encore, le doute est présent.

La travée ouest remonte-t-elle donc à 1746-1747 ou au XIXe siècle ? Un début de réponse apparaît sur le cadastre Napoléonien dressé vers 1830 où on remarque que celle-ci, ou du moins une partie, semble y être représentée :

Une partie de la travée ouest de l’église semble visible en partie sur le cadastre de 1828
Photo : © Archives Départementales – Feuille cadastrale G4 – Cote 3 P 46
Lien vers le document original

On pourrait donc en conclure qu’elle fut bien créée, du moins partiellement lors de l’agrandissement de l’église en 1746-47 et qu’elle fut agrandie plus tard vers le nord, peut-être au XIXe siècle (ça n’est que mon avis mais c’est ce qui me paraît le plus logique au vu des éléments en ma possession).

Cet agrandissement de l’édifice est compréhensible quand on prend en compte que l’église des Milles n’accueillait pas que des Millois. En effet, les habitants de Luynes et des campagnes alentours venaient eux aussi assister aux offices, le village de Luynes n’ayant possédé sa propre église qu’à partir de 1858 (l’église de Luynes fut consacrée le 15 juin 1859 (2)).

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Fin du XVIIIe siècle – l’église durant la Révolution :

Durant la période révolutionnaire, plusieurs ordres religieux furent supprimés, leurs églises fermées, et leurs biens confisqués. Certains de ces biens ont alors été répartis dans les églises toujours en place, ce qui fut le cas de celle des Milles qui fut choisie pour en recevoir (8).

Un arrêté du 27 mai 1791 stipula alors : « …Le Directoire du département des Bouches-du-Rhône (…) arrête qu’il sera transporté dans les paroisses de la ville quelques autels et tableaux des églises supprimées, ainsi que dans celle des Milles et de Puyricard… »

Mais peu d’années après, l’église des Milles fut fermée à son tour car on y soupçonnait les prêtres d’y tenir des messes, ce qui eu pour conséquence la fermeture de l’église en 1798. L’arrêté stipulait « …les temples des hameaux des Milles et Puyricard, seront fermés à l’instar de tous les autres de la commune. Il est expressément défendu à tous les ministres du culte, aux habitants de ces hameaux, d’exercer leur culte ailleurs que dans le temple de Saint-Sauveur… » (voir en (2) dans les sources).

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Début du XIXe siècle – L’église après la révolution :

Lorsque la période révolutionnaire prit fin, l’activité de l’église a pu reprendre, et l’église des Milles reçu à nouveau certaines œuvres provenant d’autres églises.

Si l’on s’en tient à l’inventaire réalisé par Honoré Gibert en 1891 (7) et aux informations qu’il contient, on retrouve mention de plusieurs tableaux qui y furent attribués à cette période :

1 – La toile « Jésus parmi les Docteurs » (H:3m70, L:3m50)
Peinte par Jean-Baptiste ou Jérôme Daniel, frères et peintres marseillais (*) aux XVII-XVIIIe siècles. Initialement installée dans la chapelle des Pénitents Blancs des Carmes (aujourd’hui Granet XXe), cette toile fut ensuite installée dans l’église du Saint-Esprit puis attribuée à l’église des Milles en 1803 mais elle n’y fut peut-être jamais installée, car elle n’est pas localisée dans l’inventaire de Gibert.
2 – La toile « Sainte-Madeleine aux pieds du Christ, dans la maison de Simon le lépreux » (H:4m00, L:4m50)
Elle aussi serait l’œuvre de l’un des frères Daniel aux XVIIe-XVIIIe siècles. Elle pourrait provenir de l’église des Dominicains (aujourd’hui Prêcheurs) ou de la chapelle des Pénitents Blancs des Carmes (aujourd’hui Granet XXe). Elle aussi fut attribuée à l’église des Milles en 1803 mais elle aussi n’y fut peut-être jamais installée, car elle n’est pas localisée dans l’inventaire de Gibert.
3 – La toile « La Femme Adultère » (H:2m10, L:2m30)
Réalisée par un certain Antoine Coutel (période inconnue, provenance inconnue), elle fut accordée par l’Etat à la ville d’Aix en 1864. Localisée en 1891 sur la paroi du fond du cœur de l’église.
4 – La toile « Le vœu de Louis XIII » (H:4m00, L:3m00)
Réalisée par un certain Michel Serre, peintre originaire de Tarragone, fixé et mort à Marseille en 1733 (**) (période inconnue, provenance inconnue). Localisée en 1891 sur la paroi de gauche du cœur de l’église.
5 – La toile « Évêque haranguant une nombreuse assistance » (H:4m00, L:3m00)
Elle serait l’œuvre de l’un des frères Daniel aux XVIIe-XVIIIe siècles (provenance inconnue). Localisée en 1891 sur la paroi de droite du cœur.
6 – La toile « Saint-Dominique, accompagné de sainte-Catherine de Sienne, recevant le rosaire des mains de la Vierge » (H:2m40, L:1m70)
Réalisée au XVIIIe siècle (auteur inconnu, provenance inconnue). Localisée en 1891 dans la sacristie de l’église.

– Ci-dessous, l’extrait de l’ouvrage relatant l’inventaire dressé par Honoré Gibert sur place en 1891 :

L’inventaire des œuvres présentes dans l’église des Milles relevées par Honoré Gibert en 1891
– Source : voir en (7) en fin d’article

En plus des tableaux, le maître-autel et la chaire seraient aussi des pièces rapportées car, selon l’abbé Constatin et Felix Verany (***), ils proviendraient de l’ancien couvent des Cordeliers.

Le maitre-autel et la chaire proviendraient de l’ancien couvent des Cordeliers
Photos prises le 11 décembre 2020

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1869 – La rénovation de l’église :

L’abbé Constantin et Honoré Gibert indiquent qu’en 1869 l’église fut intégralement restaurée.

Ces travaux de restauration seraient en grande partie dus à l’initiative de l’abbé Léon Noyer (1808-1893), qui après avoir été, entre autre, curé de Saint-Cannat durant 15 ans, fut le curé des Milles durant 14 ans. Leur coût total fut de 40 000 francs de l’époque (9). La presse de l’époque indique que le Ministère de la Justice et des Cultes d’alors alloua, en date du 26 avril 1869, la somme de 2000 francs de l’époque pour aider aux dépenses (10).

C’est donc, supposément, de cette période-là que date la décoration intérieure telle que l’on peut encore la voir aujourd’hui. D’une certaine manière, on peut dire que l’édifice, tel qu’il se présente à nous, aujourd’hui, résulte en grande partie de cette opération majeure de restauration.

C’est, par exemple, de cette période que datent les vitraux, réalisés en 1869 par un certain André d’Aix, comme l’indiquait Honoré Gibert en 1891 (11) :

Les vitraux de l’église des Milles

– Ci-dessous, le plan (simplifié) de l’église :

Plan de l’église des Milles

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Années 1880 – Un cimetière à l’étroit, le début d’une longue histoire :

Au début des années 1880, un problème se posa et était bien parti pour durer :

Il fut relaté par la presse de l’époque (12). L’espace alloué au cimetière, alors situé près de l’église commença à se révéler sérieusement insuffisant.

L’une des raisons fut en partie la création de la tuilerie (l’actuel mémorial du Camp des Milles) ouverte à l’ouest du village en 1882, ce qui eu pour conséquence de créer de l’emploi et donc de faire augmenter la population, et logiquement, aussi augmenter le nombre de personnes à potentiellement inhumer.

L’emplacement du cimetière de l’église sur le plan cadastral de 1828
Photo : © Archives Départementales – Feuille cadastrale G4 – Cote 3 P 46
Lien vers le document original

– A ce souci s’ajoutait à la fois le respect des défunts qui, au train où les choses allaient, finiraient par être entassés les uns sur les autres.
– Mais il y avait aussi un autre problème : celui de la salubrité. Autant de corps enterrés dans un si petit espace et en plein cœur de l’agglomération auraient pu avoir des conséquences néfastes en matière d’hygiène.

Deux solutions se présentèrent : agrandir le cimetière, ou le déplacer. Dans un premier temps, c’est son agrandissement qui fut envisagé.

Mais en 1888, la municipalité fit face à un imprévu quand le propriétaire de la parcelle de terrain, dont l’acquisition était projetée en vue d’agrandir le cimetière, décida au dernier moment d’en augmenter le prix. Une dépense estimée à 1000 francs de l’époque.

Les réparations, jugées, au final, inutiles pour ce coût, ne laissèrent d’autre choix que de s’orienter vers une autre solution : déplacer le cimetière, quitte à engendrer le coût d’un emprunt plus élevé, d’un total de 3000 francs de l’époque, mais qui aurait réglé le problème une bonne fois pour toutes (13).

En 1891, l’affaire du cimetière des Milles avança enfin lorsqu’un terrain destiné à accueillir le nouveau cimetière fut choisi. Le propriétaire, Mr Brémond, proposa de céder cette parcelle de 5544 m² à la ville pour un coût de 1800 francs de l’époque (14).

Seulement voila, ce choix fit beaucoup de mécontents, notamment en raison de l’éloignement du terrain par rapport au village. Pour le situer, il se trouvait à environ 1 km de l’église. La situation allait finalement se débloquer quand un autre terrain allait se présenter, certes moins vaste, mais bien plus intéressant, car plus proche du village. Son propriétaire, Mr Séry, proposait de céder cette parcelle de 4600 m² pour 1800 francs de l’époque (15), soit la même somme que le terrain Brémond ; mais plus proche, car à seulement 500 mètres environ de l’église, soit deux fois moins loin que le terrain Brémond.

C’est en 1892 (16) que fut validé le choix du terrain Séry pour accueillir le nouveau cimetière. Le devis du projet comprenait alors 150 francs de l’époque pour le géomètre responsable du plan général, et 6000 francs de l’époque pour la construction « …d’un mur de clôture de 2 mètres de haut, d’un portail, d’une petite porte sur le bords de la route, d’une remise, et d’un dépôt… » (17).

– Ci-dessous, en 1 : l’ancien cimetière ; en 2 : le nouveau :

L’emplacement de l’ancien cimetière (1) et celui du nouveau (2)
Photo : Google Earth

Ce nouveau cimetière, dont la localisation était enfin décidée, commença à être utilisé à partir des dernières années du XIXe siècle. Les plus anciens arbres qui se trouvent dans la partie la plus ancienne du cimetière (celle à l’est) ont été plantés à partir de mars 1896 (18).

Après environ 10 ans de débats, le souci du cimetière était donc enfin résolu !

Résolu certes, mais jamais complètement, en effet, seules une partie des sépultures qui se trouvaient dans l’ancien cimetière furent déplacés dans le nouveau. Car transférer plus de deux cents ans d’inhumation fut impossible, raison pour laquelle le sol de l’actuel parking de l’église (ancien cimetière) contient sans aucun doute les ossements des plus anciens défunts des siècles passés.

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Début du XXe siècle – Le clocher de l’église modifié :

Si l’édifice a été remanié en 1869, il est un élément qui ne le fut que plus tard : son clocher. Jusque dans les premières années du XXe siècle, le clocher de l’église des Milles était couronné d’un simple toit, surmonté d’une cloche comme on peut le voir sur certaines cartes postales anciennes de cette période :

L’ancien clocher de l’église des Milles tel qu’il était jusqu’au début du XXe siècle
– Source : Détail d’une carte postale ancienne conservée à la bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence, cote : PHO. CPA. Al. 0004 – Lien vers le document original

Mais dans la première moitié du XXe siècle, il fut modifié, le toit couvert ayant été remplacé par un campanile en fer forgé, toujours surmonté d’une cloche. Des ornements ont aussi fait leur apparition, comme le montre la photo ci-dessous :

Le clocher de l’église des Milles tel qu’il est actuellement

Je ne suis pas en mesure de donner l’année exacte de cette modification, mais en 1925 une opération de rénovation du clocher et de la façade eu lieu (19). Peut-être est-ce cette année-là que le clocher a été modifié ?

Gros plan sur la cloche de l’église des Milles
Photo prise le 5 juillet 2020

L’église des Milles au XXIe siècle :

Avançons jusqu’au XXIe siècle.

L’église des Milles a continué son existence sans trop de tracas et le XXIe siècle a été synonyme pour elle de renouveau.

Car au gré de multiples opérations, étallées entre 2015 et 2021 on peu dire, d’une certaine manière, qu’elle a connu une bonne cure de jouvence :

– En juillet 2015, la façade de l’église a été restaurée.

– En mars 2016, son clocher qui a été réparé :

Le clocher des de l’église des Milles en travaux en 2016
Photo prise le 14 mars 2016

– En novembre 2018, sa charpente a accueilli de nouvelles poutres :

L’installation de nouvelles poutres pour la charpente de l’église des Milles
Photo prise le 26 novembre 2018

Enfin, d’août 2020 à janvier 2021, l’église a connu une restauration intégrale majeure de son intérieur :

L’intérieur de l’église des Milles désormais restaurée
Photo prise le 12 décembre 2020

Plus d’information sur cette opération de restauration en cliquant ci-dessous :


Le mot de la fin :

Cet article s’est voulu non-exhaustif, notamment par manque de sources mais aussi car il serait bien trop complexe de résumer trois siècles d’une église en un article.

Des inexactitudes sont possibles mais j’ai fait avec ce que j’avais sous la main et malgré des sources parfois contradictoires.

Reste que l’église des Milles a retrouvé sa jeunesse, une bonne chose pour le patrimoine.


 – Sources :
(1) Jean Pourrière : « Recherches sur la première cathédrale d’Aix en Provence » – 1939 (pages 103 à 106)
(2) Abbé Constantin : « Les paroisses du diocèse d’Aix, Arles, Avignon, Marseille » (1890-1911) – pages 312 à 315
(3) Lou Barrit : « Les Milles, notre village à travers les ages » – (page 43)
(4) Robert Ambard : « Aix Romaine » (1984) – page 172, note 29
(5) Registres paroissiaux des Milles dès 1702 – Archives Départementales
(6) Lou Barrit : Ibid. page 110
(7) Circuit Patrimoine Sacré – Ville d’Aix (page 3)
(8) Honoré Gibert – « Histoire et description des Monuments Religieux de la Ville d’Aix » – 1891 (pages 167-168)
(***) Felix Verany : « Roquefavour son ermitage et son aqueduc » (1882) page 263
(*) Jean Boyer : « La peinture et la gravure à Aix-en-Provence » aux XVIe – XVIIe – XVIIIe siècles » – 1972 – page 168
(**) Jean Boyer : Ibid. – page 108
(9) La Provence Nouvelle du 31 décembre 1893 (page 1, colonne 4)
(10) Le Mémorial d’Aix du 9 mai 1869 (page 2, colonne 3)
(11) Honoré Gibert – ibid. (pages 227 à 228)
(12) Le Mémorial d’Aix du 15 août 1886 (page 3, colonnes 2 et 3)
(13) La Provence nouvelle du 20 juillet 1890 (page 1, colonne 1 et 2)
(14) La Provence Nouvelle du 24 mai 1891 (page 2, colonne 1)
(15) La Provence Nouvelle du 26 juillet 1891 (page 2, colonne 1)
(16) La Provence nouvelle du 6 mars 1892 (page 2, colonne 3)
(17) Le Mémorial d’Aix du 13 mars 1892 (page 2, colonne 4)
(18) La Croix de Provence du 15 mars 1896 (page 3, colonne 2)
(19) La Croix de Provence du 12 avril 1925 ( page 3, colonne 1)


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