Chronologie milloise


En août 2018, je vous faisais découvrir le « petit patrimoine » du village des Milles afin de mettre en avant ce qui fait l’histoire de ce lieu.

Aujourd’hui, suite de l’histoire et donc retour aux Milles pour aborder en profondeur la chronologie de l’extension de cet ancien hameau. Cet article va avec mon précédent article sur le village donc allez le lire en cliquant ci-dessous si vous ne l’avez pas déjà fait. Les deux sont complémentaires.

N’hésitez pas, non plus à aller voir l’article consacré à l’origine du nom du village des Milles en cliquant ci-dessous :


Avant-propos :

Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai publié en 2018 un article mettant en avant des lieux qui font ou ont fait l’histoire des Milles. Le temps passant, j’ai souhaité continuer de me pencher sur le village et son histoire.

Là où l’article de 2018 était très axé sur le côté « patrimoine », cet article de 2020, cette sorte d’acte II à ma contribution milloise, le sera d’avantage sur la chronologie des éléments qui ont peu a peu amené au village son allure actuelle.

Le recensement que je vous propose ici paraîtra, dans sa forme, peut-être trop froid, sûrement pas assez illustré, trop textuel et trop long pour d’autres. Je sais.

Mais ce qu’il faut surtout y voir, et ce que je veux apporter dans cet article, c’est surtout des ressources, une sorte de base de données, de la documentation, des dates, des repères, de l’histoire dont on se fout peut-être mais avant tout des choses qui se doivent de figurer quelque part. Alors pourquoi pas ici ?

J’ai beaucoup parlé d’Aix en cinq ans, bien peu des Milles en comparaison alors que j’y suis pourtant depuis mes neuf ans, soit un quart de siècle cette année. Il est donc temps pour moi, ici et maintenant, de décortiquer ce qui m’entoure.

Fin de l’avant-propos.


Petit deviendra grand :

Au fil des siècles, ce qui était le hameau des Milles s’est étendu dans toutes les directions, chaque décennie voyant le village étendre un peu plus ses bras sur ce qui l’entoure.

Ci-dessous, une vue du village sur le cadastre napoléonien tel qu’il était vers 1830 :

Le village des Milles vers 1830 sur le cadastre napoléonien – © Archives Municipales d’Aix-en-Provence (feuille G4) – Source

A cette période, la population du village et de sa campagne environnante avoisinait déjà les 1700 à 1800 habitants (source : La Provence du 21 mai 1843 – page 3, 2nde colonne). Ça fait déjà beaucoup, mais rien par rapport à nos jours.

Pour illustrer et mettre en lumière cette évolution, mon idée a été toute simple : lister un maximum de constructions qui se sont ajoutées à ce hameau, tel qu’il était au XIXe siècle et leur redonner leurs dates de naissance. Immeubles, quartiers pavillonnaires, rues, ponts, ronds-points, lieux publics. Ma liste est, certes, bien loin d’être exhaustive mais je n’avais pas encore trouvé de telle liste quelque part, alors je me lance. Il faut bien commencer par quelque chose comme on dit.


Lister des agrandissements – Pourquoi ?

L’idée d’une liste recensant les dates de construction de lieux aux Milles peut paraître curieuse mais j’ai toujours eu des occupations bien à moi. Je reste quand même sûr que ça pourrait servir à quelque chose, à quelqu’un, un jour.

D’ailleurs, petit exemple avec un dialogue :

– « Ça a été fait en quelle année ça ?
– J’en sais rien.
– Dommage, je me demandais… »

Avouez-le : vous avez déjà eu au moins une fois ce type de dialogue (ou un truc dans le genre) dans votre vie, que vous viviez aux Milles ou non d’ailleurs.

J’ai justement tenté ce recensement pour palier à cette carence d’informations que j’ai constatée en ce qui concerne les Milles et pour combler les curieux (carence que j’avais commencée à combler dans mon précédent article).

Ces datations ne concernent que le village des Milles et ses abords immédiats. Je les ai réalisées en majorité en comparant les très nombreuses vues aériennes plus ou moins anciennes disponibles sur le site Remonter le temps de l’IGN et en ce qui concerne ce qui est plus ancien, les sources sont dans mon article évoqué plus haut ou dans celui-ci.

Quelques précisions importantes :

A propos des dates indiquées :
J’ai recherché les dates les plus précises qui soient. Cependant dans certains cas, par manque de documentation, seule une fourchette de date est présente. Elle indique alors la période au cours de laquelle le lieu en question est apparu où, à minima, lorsque le chantier de construction a débuté et que les lieux on commencé à sortir du terre. Certaines de ces dates n’indiquent donc pas une date précise d’inauguration ou de mise en service.

– A propos des noms de rues et ronds-points présents dans cet article :
Les dates indiquent uniquement l’apparition des rues et ronds-points, et pas la date de leur nommage. Vous constaterez en effet que certains de ces lieux n’ont été baptisés que bien après leur création. Dans certains cas, la date de nommage est indiquée.

– A propos des sources utilisées pour la rédaction de cet article :
Soit elles sont directement mentionnées dans cet article, soit elles sont indiquées à l’endroit évoqué dans l’article consacré au petit patrimoine des Milles, raison pour laquelle j’insiste sur le fait que ces deux articles vont ensemble.


Des extensions qui s’inscrivent dans leur temps :

On remarquera que selon les périodes, des types de constructions prédominent, mettant en avant l’évolution du village et ses besoins à travers le temps. Rien d’exceptionnel, car identique à ce qui s’est déroulé partout au fil du temps, mais toujours intéressant à observer.

Les XVII, XVIIIe et XIXe siècles font ressortir les besoins de base qui grandissaient à l’époque : la religion (depuis toujours celle là), l’industrie, l’hygiène, les infrastructures ferroviaires ainsi que l’éducation qui se sont généralisées à cette période.

Les XXe et XXI siècles quant à eux mettent en avant l’habitat, avec une grande quantité de logements collectifs qui ont fait leur apparition, notamment à partir des années 60. A cette époque, le commerce a aussi évolué avec l’apparition des grandes surfaces et de zones destinées à regrouper plusieurs entreprises. La population augmentant, de nouvelles écoles ont aussi été créées. Sans compter des lieux public destinés aux loisirs. On y constate aussi une extension accrue du village sur les terres environnantes.


Rappel : LISTE NON EXHAUSTIVE


Les lieux listés :

La vue aérienne du village ci-dessous indique les zones délimitées et numérotées. Les numéros correspondent à ceux de la liste présente sous la vue (depuis un mobile, n’hésitez pas à zoomer sur l’image).


Les numéros correspondent à ceux de la liste. – Fond de carte : © Google Earth

Aux balbutiements – XVIIe et XVIIIe siècles :

Non daté et pas indiqué sur le plan – Une chapelle aujourd’hui disparue : Probablement ancienne, elle se situait à l’emplacement de la construction juste à gauche de l’actuelle entrée du stade Marius Requier. Elle est présente sur le cadastre napoléonien dressé vers 1830. Le détail du cadastre indique qu’à cette époque elle appartenait à la commune et qu’elle était liée à la confrérie des Pénitents Blancs. L’oratoire toujours visible à proximité de l’actuel parking de la Poste a peut-être un rapport avec elle (pas sûr). Elle a disparu au XIXe ou au début du XXe siècle.
1 – Place Aimé Gazel : Vers le XVIIe siècle (chronologiquement, la première « place » du village) C’est autour de cette place que le village s’est peu à peu formé.
2 – Eglise du village et son parking : Demandée par les habitants des Milles dès 1696, elle remonte au début du XVIIIe siècle et fut achevée en 1702 ou 1711 ou 1746 selon les sources. Le parking de l’église est l’ancien cimetière du village, il fut déplacé à la fin du XIXe siècle. L’église a été agrandie et grandement modifiée au XIXe siècle.


XIXe siècle :

3 – Pont routier sur l’Arc au nord de la place Aimé Gazel : Construit en 1845 – proposé en 1843, projet définitif adopté en 1844. Auparavant, on y traversait par un bac ou une passerelle.
4 – Ancienne gare de voyageurs : Inauguration de la gare et de la ligne le 31 août 1856, ouverture de la ligne au public le 10 octobre 1856. Le transport commercial de voyageurs y est supprimé depuis le 18 avril 1939.
5 – Pont ferroviaire enjambant l’Arc au nord de la tuilerie : Ouvert en 1856, en même temps que la gare.
6 – Ecole Sainte-Bernadette : Ouverte en 1874 (année d’ouverture, le bâtiment est peut-être plus ancien).
7 – Ancienne tuilerie : La première version fut ouverte en 1882 et détruite en 1911, une seconde version fut bâtie au même endroit après l’incendie (le lieu accueille le mémorial du camp des Milles depuis le 10 septembre 2012).
8 Cimetière actuel : Ouvert à la toute fin du XIXe siècle pour sa partie à l’est qui accueille une croix en son centre, installée en 1896 à l’emplacement de la fosse commune de l’époque (source : Le Mémorial d’Aix du 17 décembre 1896 – page 2, colonne 4). Il fut agrandi vers l’ouest et le nord à plusieurs reprises : vers 1942, [8a], au début des années 60 [8b] et au milieu des années 90 [8c].
9 – Ancien lavoir dit « Lavoir de nos Grand-Mères »: La première phase des travaux fut achevée en 1898, des travaux supplémentaires y ont été réalisés en 1900.


XXe siècle :

10 – Cours Marcel Brémond : Crée au tout début du XXe siècle ( chronologiquement, la seconde « place » du village).
11 – L’allée Gérard Paulmyer : 1955-1958.
12 – Ecoles Marie Mauron et Joseph Roumanille : 1958-1959.
13 – Résidence « Les Tilleuls » : 1960-1964.
14 – Résidence « La Résidence » : 1960-1964.
15 – Résidence « Le Clos Marinette » : 1964-1966.
16 – Résidence « Les Prairies » : 1964-1966.
17 – Ancienne salle des fête du village : 1966-1968 (Disparue. Détruite par un incendie le 15 mars 2019).
18 – Résidence « La Farigoule » : 1968.
19 – Résidence « Le Mistral 1 » : 1968.
20 – Centre commercial Carrefour : Ouverture le 25 août 1971 sous le nom d' »Escale », puis Euromarché. Construit à l’ancien emplacement d’une briqueterie surnommée « petite usine » par les habitants, ouverte en 1913 et détruite en 1944 par les soldats allemands.
21 – Résidence « La Denise » : 1971-1972.
22 – Résidence « Les Cigales » : 1971-1973.
23 – Quartier « Le Clos Saint-Girons » : 1973-1974.
24 – Résidence « La Mazarine » et avenue du Docteur Reibaud [24a] : 1974-1975.
25 – Résidence « La Cerisaie » : 1975-1976.
26 Résidence « Le Roumanille » et avenue Marius Requier [26a] : 1975-1977.
27 – Résidence « Le Grand Pavillon » : 1976-1977.
28 – Résidence « Le Blériot » : 1979-1980.
29 – Ecole maternelle « Colline du Serre » : 1979-1981.
30 – Quartier « Les Demeures de Monclar » et avenue Marcel Mouttet : première moitié des années 80. Le rue Marcel Mouttet a été nommée ainsi depuis une décision de 2016.
31 – Quartiers pavillonnaires de la Badesse : années 1980 – Des maisons étaient déjà présentes dans les environs depuis le XIXe siècle, mais c’est réellement dans le courant des années 1980 que l’habitat s’y est développé.
32 – Gymnase Evelyne Castel : 1980-1984.
33 – Rond point Roger Ruggirello : 1981-1984 – Nommé Roger Rugirello depuis une décision de 2015.
34 – Le bureau de Poste et son parking : 1981-1984.
35 – Résidence « Le Campanile » : 1984-1985.
36 – Résidence « Le Mistral 2 » et rue Louis Granet [36a] : 1986-1988.
37 – Quartier « Saint-Joseph », avenue du Général Paul Angenot, pont sur l’Arc et ronds-points Joséphine Ferrato et Roger Fert : seconde moitié des années 80. Le rond-point Joséphine Ferrato est nommé ainsi depuis une décision de 2016)
38 – Passerelle sur l’Arc au nord du stade : 1989-1992.
39 – Résidence « Le Jas des Tuiliers » : 1990-1992.
40 – Ecole Auguste Boyer : 1992.
41 – Résidence « Villa Les Cèdres » : 1992-1993.


XXIe siècle :

42 – Résidence « Louis Amouriq » : 2003-2004.
43 – Rues de la tuilerie et Charles Pizzala : 2013.
44 – Espace des Vignerons : inauguré le 21 juin 2014. Nommé « Espace des Vignerons » depuis une décision de 2014 – (construit à l’emplacement de l’ancienne coopérative vinicole qui fut fondée le 7 septembre 1924. Le bâtiment de l’ancienne coopérative fut détruit en 2012).
45 – Skate Park et piste bi-cross : respectivement fin 2017 et début 2018 (à côté du stade).


Non mentionné sur l’illustration :

Pole d’activités : début des années 70 (au sud du village)
Zone commerciale de la Pioline : début des années 70 (à l’est du village).
Rond-point de la Petite Usine : 1979-1981 – Nommé ainsi depuis une décision de 2016. En rapport avec l’ancienne briqueterie qui se trouvait à l’emplacement de Carrefour (à l’est du village).
Rond-point Paul Pellegrin : fin des années 80 – Nommé ainsi depuis une décision de 2016.
Rond-point Aimé Mille : milieu des années 90 – Nommé ainsi depuis une décision de 2016 (au nord du village).
Rond-point de la Blancherie : 1998 – Nommé depuis une décision de 2016. En rapport avec le fait qu’au XVIe siècle les employés du château de la Pioline venaient laver leur linge dans le ruisseau (la Luynes) tout proche.
Piscine « des quartiers sud » Claude Bollet : 1998 – (chemin Albert Guigou, au sud du village).
Rond-point Albert Andrieux : fin des années 90 ou début 2000 mais avant 2002. Nommé ainsi depuis une décision de 2016 (sud-est du village).
Rond point Marguerite de Coriolis : 2004-2007 – Nommé ainsi depuis une décision de 2016 – (zone de la Pioline à l’est du village).
Résidence « Loqui » : 2007-2008 – (avenue Célestin Bressier, au nord du village).
Quartier Villa Milla : 2010-2011 – (petite route des Milles, à l’est du village).
Rond-point Georges Zornada : 2013 – Nommé ainsi depuis une décision de 2015 (à la sortie ouest du village).
Rond-point Comtesse d’Anselme : 2013 – Nommé ainsi depuis une décision de 2015 (à la sortie sud-ouest du village).
Pôle d’échanges du Plan d’Aillane : mis en service le 7 juillet 2014.
Rues Jeannot Trotebas, Yves Granon, Maurice Estrangin et André Guirand : 2013-2014 – Rues menant au Pôle d’échanges du Plan d’Aillane. Nommées ainsi depuis une décision de 2015 (à l’ouest du village).
Résidence « Le Mas Estella » : 2018-2019 – (petite route des Milles, à l’est du village).


Aménagements routiers :

1 – Les anciens chemins vicinaux :

Pendant longtemps aux Milles, et comme partout en France, les routes n’avaient pas de noms. Les chemins, dits vicinaux, portaient alors des numéros qui ont changé avec le temps au fil des nouvelles nomenclatures (plus d’info ici). J’ai indiqué, dans certains cas, à quelles routes actuelles correspondent ces anciens tracés si ils n’ont pas trop été modifiés au fil du temps. – (Documents utilisés pour cette partie : Lien 1, Lien 2, Lien 3)

– L’ancienne route départementale 6 – Partiellement actuelle D9 :

Cette voie très ancienne connue autrefois sous le nom de « chemin d’Aix à Martigues » fut nommée D6 en 1813. Elle partait alors d’Aix au quartier du Pont de l’Arc, passait par le quartier de Parade puis, aux Milles, suivait le tracé des actuelles avenues Frédéric Mistral et Louis Amouriq, puis se prolongeait vers l’ouest sur le tracé de l’actuelle D9, à partir de l’entrée de l’actuel chemin (impasse) du Plan d’Aillane. En 1904, elle devient le « chemin vicinal de grande communication n°15 » (GC15) puis est devenue la route départementale 9 (D9) à partir de 1938.

Vers 1966-68, un nouveau tronçon fut crée, contournant le village vers le sud à partir de Carrefour au niveau du « rond-point » de la Glacière, n’empruntant donc plus les avenues Mistral et Amouriq. Il reprenait ensuite son tracé initial au niveau du cimetière du village. Simple route aux modestes proportions durant une décennie, elle fut considérablement élargie et transformée entre 1975 et 1977 jusqu’à devenir l’actuelle « voie rapide » départementale 9. C’est en raison de cet élargissement qu’est apparue l’impasse nommée « Chemin du Plan d’Aillane », parallèle à la D9.

L’ancien chemin vicinal n°7, puis IC12 :

Traversant le village d’est en ouest, ce chemin, sous ce nom, empruntait les tracés des actuelles rues Couton, Chaudon, la Badesse (car elle n’était pas encore une impasse – voir cet article), puis passait par les quartiers de Saint-Pons, la Mérindole et allait en direction de Roquefavour. En 1885, il devient le « chemin vicinal d’intérêt commun n°12 » (IC12) et voit son tracé remodelé car il fut relié à d’autres chemins, partant désormais de Bouc et passant par Les Milles et Ventabren vers Saint-Cannat.

L’ancien chemin vicinal n°25, puis IC13 :

Traversant le village du sud au nord, il y suivait le tracé de l’actuelle rue de l’Eglise puis l’actuel cours Brémond, la place Gazel, le pont sur l’Arc et la rue Roche, il permettait de rejoindre Eguilles vers le nord, en poursuivant sur l’ancien chemin vicinal n°9 qui débutait à mi-chemin du trajet. A partir de 1885, ces chemins vicinaux n°25 et n°9 n’en formèrent plus qu’un : le « chemin vicinal d’intérêt commun n°13 » (IC13) qui fut relié à d’autres chemins, reliant désormais Aix à Berre en passant par Les Milles, Eguilles et Salon. Il forme une partie de l’actuel route de Loqui.

Le chemin vicinal n°12, puis IC13 :

Partant des Milles, ce chemin passait au nord du village, empruntant le tracé de l’actuel chemin du Camp de Menthe. Il permettait de rejoindre Aix en poursuivant sur le chemin vicinal n°34 qui suivait le tracé des actuelles avenues du club hippique et du Pigonet. A partir de 1885, ces chemins vicinaux n°12 et 34 furent intégrés au chemin vicinal d’intérêt commun n°13 (IC13) reliant Aix à Berre en passant par Les Milles, Eguilles et Salon. La portion entre Aix et les Milles est devenue la D65 depuis 1938.


2 – La voirie :

1888 : L’actuelle avenue des Alliés – Ancienne cité ouvrière des tuileries :

Son allure, telle qu’elle est aujourd’hui, résulte de la création de la cité ouvrière des tuileries.

Au départ, un simple chemin, apparu dans la seconde moitié du XIXe siècle au sud de la gare et menant au château de Saint-Girons. En 1888, on y lance la construction d’habitations avec jardins, destinées loger les employés de la tuilerie des Milles et leurs familles.

Les maisons qui formaient cette « cité ouvrière des tuileries (ou des Milles) » existent encore de nos jours et sont celles qui occupent la ligne ouest de l’avenue. Son nom actuel lui fut donné au XXe siècle. ( – Source : Le Mémorial d’Aix du 4 novembre 1888 – Page 2, colonne 2)

– 1934 : Le pont routier du chemin de la Pioline (sur l’actuelle D9a) :

Jusqu’au début du XXe siècle, aucun pont ne traversait l’Arc au niveau du quartier de la Pioline, à l’est du village des Milles. De cet endroit, les seules possibilités de changer de rive étaient alors : soit par l’ouest avec le pont construit près de la place Aimé Gazel en 1845, ou à l’est par le pont de l’Arc situé dans le quartier du même nom.

Ce manque laissait alors une zone de presque 5 km entre les Milles et Aix sans traversée possible. Des passerelles de fortunes avaient été construites ça et là, mais elles n’apportaient aucune sécurité à leurs usagers et étaient trop souvent emportées par les crues.

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, les habitants demandaient à la municipalité la création d’un pont, un vrai (La République Aixoise du 27 janvier 1924 – page 2, colonne 1). Malheureusement, celle-ci aurait beaucoup tardé à prendre en compte cette demande des habitants, probablement pour une question de coût, laissant les choses de côté durant plus d’un demi-siècle.

Le salut arriva visiblement grâce à un certain Edouard Pellegrin.

Edouard Pellegrin fut conseiller général du canton sud et trouva une solution : appliquer la charge des coûts, non plus à la commune, mais au département :
Voyant le peu d’action de la ville face à la prise en charge des dépenses liées à la construction du pont, Pellegrin parvint à faire classer un chemin dit « des Poissonniers », qui reliait l’ancien Chemin vicinal de grande communication n°15 (GC15, l’actuelle D9) et l’ancien chemin vicinal d’intérêt commun n°13 (IC13, l’actuelle D65), qui enjambait l’Arc par une passerelle.

Du fait du classement du chemin dit « des poissonniers », en date du 15 mai 1929, la charge financière n’était plus du ressort de la commune, mais du département. La passerelle allait, enfin, pouvoir laisser sa place à un pont, un vrai. Le classement, en plus de donner réellement vie au projet, a considérablement accéléré sa réalisation. En 1932, les terrains furent acquis et en janvier 1933 les travaux débutèrent (source et détails : La République Aixoise du 13 mai 1933 – page 1 colonne 7 à page 2 colonne 2).

Le journal La Provence du dimanche 28 mai 1933 (page 1, colonne 7 à page 2, colonne 1) publia le projet détaillé du pont prévu. Longueur : 53 mètres, hauteur : 5,95 mètres, largeur de la voie : 5 mètres, largeur des trottoirs : 1 mètre chacun, une pile au centre.

Tel que pensé à l’époque, ce pont devait ainsi permettre un nouveau trajet aller-retour entre Aix et Les Milles en deux sens uniques :
L’aller en sens unique d’Aix aux Milles, par la rive sud de l’Arc, en passant par l’ancienne RN8 (actuelle D8N) et l’ancien Chemin vicinal de grande communication n°15 (GC15, l’actuelle D9).
Le retour en sens unique des Milles vers Aix, par la rive nord de l’Arc, en empruntant ce nouveau pont, puis l’ancien chemin vicinal d’intérêt commun n°13 (IC13, l’actuelle D65).

Restait à relier le pont au GC15 (actuelle D9), chose faite avec un nouveau chemin créé pour l’occasion, à l’emplacement de celui dit « des Poissonniers », nommé actuellement « chemin de la Pioline ». En plus des nouvelles facilités de circulation entre Aix et Les Milles, le pont a aussi facilité la traversée pour les cultivateurs qui avaient des terres sur les deux rives, sans oublier les spectateurs du champ de courses de l’hippodrome de (la) Parade qui pouvaient s’y rendre plus rapidement.

Peu avant son ouverture à la circulation, des tests de solidité furent réalisés en y faisant circuler deux camions et deux rouleaux de service des voies, pour un poids total supporté de 45 tonnes. Les ingénieurs, sous le pont pour contrôler, ne constatèrent qu’un fléchissement d’un millimètre alors que la marge prévue était d’un centimètre. Autant dire que le test s’est passé sans encombre (Le Mémorial d’Aix du 16 mars 1934 – page 2, colonne 3).

Après un an et trois mois de travaux, son inauguration eu lieu le 20 mars 1934 (Le Mémorial d’Aix du 25 mars 1934 – page 2, colonne 2). Au croisement des années 90 et 2000 le pont fut intégralement rénové.

– Années 80 : La rue Marcel Roche devenue partiellement piétonne :

A l’origine, la rue Marcel Roche drainait le flux routier du pont près de la place Aimé Gazel en direction du nord, tout droit, vers l’actuelle avenue Célestin Bressier. Dans la première moité des années 80, tout change : la création du quartier des Demeures de Monclar à cette époque voit aussi la naissance d’une nouvelle voie le contournant, la rue Marcel Mouttet. C’est désormais par cette route que les voitures quittent le village depuis, juste après avoir franchi le pont. L’autre partie de la rue Marcel Roche, bordée de ses platanes, est désormais piétonne.

– 2005-2006 : La modification du tracé de l’avenue Frédéric Mistral :

Depuis la création de l’école Marie Mauron vers 1958-59 (que j’ai fréquentée de 1994 à 1995), l’entrée des élèves s’y faisait par l’avenue Albert Couton, au nord. Le sud de l’école étant alors longé par l’avenue Frédéric Mistral, en ligne droite, les deux étant alors séparées par un bien mince trottoir bordé de barrières. C’est entre 2005 et 2006 que ce parcours peu sécurisant fut modifié. Le tracé de l’avenue Frédéric Mistral fut déporté, en chicane, d’une dizaine de mètres vers le sud et sur une soixantaine de mètres de long, pour la création d’un parvis destiné à accueillir l’entrée des élèves en toute sécurité, non plus au nord de l’école donc, mais désormais au sud. Le tout, pour un coût estimé par la ville à 1 million d’euros environ (plus d’infos et photos du projet en cliquant ici). En complément de ces travaux, la sécurisation a aussi été revue sur l’avenue Louis Amouriq qui passa en sens unique dans le sens « est=>ouest » et la vitesse avec la création d’une « zone 30 » sur le parcours « Amouriq=>Mistral ». Toujours à la même période, le square Robert Lagier (accolé à l’école J. Roumanille) fut rénové et reçu une nouvelle fontaine provenant de l’ancien casino municipal d’Aix détruit quelques années plus tôt.

– 2018-2019 : La requalification de l’avenue Roger Chaudon :

Nommée sur d’anciennes cartes postales « avenue de la gare » en raison de là où elle mène et située sur le tracé de l’ancien chemin vicinal n°7 devenu chemin d’intérêt commun n°12, cette voie fut réhabilitée en profondeur lors d’une opération de requalification menée pendant un an; du 27 août 2018 à l’automne 2019, qui comprenait le renouvellement de ses réseaux (certains âgés de plus de 60 ans), de son revêtement et de son éclairage (en janvier 2020 pour ce dernier) (plus d’infos sur le projet en cliquant ici et ici). Cliquez ici pour savoir qui était Roger Chaudon (1908-1944).


Divers :

L’eau potable aux Milles :

Le projet de desservir l’eau potable aux Milles fut pensé très tôt, dès la fin du XIXe siècle, comme l’indique le Mémorial d’Aix du 18 janvier 1894 (page 2, colonne 2).

Mais les réels débuts des projets de sa mise en place n’ont été mis en œuvre qu’à partir de 1933 avec la création d’un bassin-réservoir d’une capacité de 400 000 litres construit le long du chemin du Serre (source : La république aixoise du 17 juin 1933 – page 1, colonne 6) et destiné à recevoir les eaux du Verdon.


Une carte pour tout recenser :

Cliquez ici si la carte ne s’affiche pas correctement.


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2 commentaires

  1. Avatar
    Bonjour,
    In n’est pas fait mention de la basse aérienne 114, sa construction et sa fin. Avez-vous des renseignements sur celle-ci?
    1. Damien Pachot
      Auteur de l'article
      Bonjour (et désolé du retard de réponse). Non en effet, je n’ai pas abordé l’ancienne B.A. 114 en raison du fait que j’ai trouvé bien peu d’infos précises sur elle (ni date de création ou de disparition précise ou de choses dans le genre) et puis le temps m’a aussi manqué j’avoue. Je mettrai l’article à jour lorsque j’aurai de quoi traiter ce sujet et le temps. Cordialement.

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