Le petit patrimoine des Milles (m.a.j. au 24/06/20)


Article initialement publié le 20 août 2018 – Mis à jour le 24 juin 2020Ajout du plan des voies de l’ancienne gare des Milles au début du XXe siècle (au n°3).


Cet article est en lien direct avec celui traitant de la chronologie du village des Milles publié le 12 janvier 2020 accessible en cliquant ci-dessous : 

Le village des Milles se situe à environ 6 km au sud-ouest du centre-ville d’Aix-en-Provence, je le connais très bien pour en avoir parcouru ses rues durant plus de deux décennies. Et étrangement, depuis presque 4 ans que je tiens ce site, je n’ai encore jamais réellement abordé ce lieu en détails.

Donc oui, pour une fois, cet article ne va parler que des Milles.


Le titre de cet article parle de « petit patrimoine », mais ça n’est en rien réducteur, il va simplement s’agir ici d’évoquer ces choses et lieux anciens qui ont fait le village et son histoire, une sorte de pense-bête de quoi a été fait quand aux Milles ou de ce qu’il y avait.

Certains lieux évoqués ici existent encore, d’autres aujourd’hui disparus, sont aussi mentionnés pour le souvenir.

Ce sont de petites infos qui n’ont l’air de rien comme ça mais qui peuvent toujours être utiles si un jour survient une interrogation à propos de la date de construction de tel ou tel lieu du village. Cela parlera à plus ou moins tout le monde, habitants ou visiteurs de passage. Ça peut toujours servir.


Notes : Pour certains lieux, j’ai procédé à leur datation grâce à des sources écrites, orales, ou qui avaient déjà été abordées sur le site. Pour d’autres je me suis aidé des vues aériennes anciennes sur le site Remonter le temps.fr.


Mais avant de voir tout ça…

Petit historique du village des Milles :

En ce qui concerne l’origine du nom du village des Milles, j’y ai consacré un article, cliquez ci-dessous pour le consulter :

Le hameau s’est formé dans un premier temps autour de l’actuelle place Aimé Gazel, l’un des plus vieux plan où il est indiqué date de 1758 – voir sur Gallica.

A partir du XVIIIe siècle, le village posséda sa propre église, au XIXe siècle c’est l’industrie qui s’y développa avec l’extraction de l’argile autour du village. A la même époque ses habitants connurent une petite révolution avec l’arrivée du train. Enfin, le XXe siècle fut quant à lui le signe de l’expansion majeure du village avec la création de nouveaux quartiers au nord du village, du pôle d’activité au sud et de la zone commerciale de la Pioline à l’est. Et ça n’est pas le XXIe siècle qui va stopper l’avancée des choses.

Ci-dessous, une vue du village des Milles vers 1830 issue du cadastre napoléonien :

Le village des Milles sur le cadastre napoléonien vers 1830 - © Archives Municipales d'Aix-en-Provence
Le village des Milles sur le cadastre napoléonien vers 1830 – © Archives Municipales d’Aix-en-Provence

A présent, tour d’horizon du village en lieux et en dates :

Cette liste est non-exhaustive – Les lieux ne sont pas classés par ordre chronologique.

1 – L’église du village : 1702 ou 1711 – modifiée et agrandie au XIXe siècle – clocher modifié au XXe siècle

L'église des Milles
L’église des Milles

Les habitants de ce qui n’était alors qu’un tout petit hameau demandèrent le 3 septembre 1696 la construction d’une église, d’une maison claustrale et d’un cimetière. L’église aurait été achevée en 1702 – Elle subit un agrandissement avec la construction de la travée ouest au XIXe siècle. (Source : L’ouvrage « Les paroisses du diocèse d’Aix 1890-1911 Tome 1 » de l’Abbé Constantin – Pages 312 et 315).

Cependant, la date de 1702 est à remettre en question car Robert Ambard, dans son ouvrage « Aix Romaine » évoque la date de 1711 (« Aix Romaine » – Robert Ambard – 1984 – Page 172 – note 29).

Une ancienne photographie nous montre que jusqu’au tout début du XXe siècle le sommet du clocher avait une apparence différente de l’actuelle. Il était surmonté d’un toit fait de tuiles, alors qu’actuellement il n’y a plus qu’un campanile en fer forgé.

Mentionnons aussi une chapelle aujourd’hui disparue (mentionnée sur le cadastre Napoléonien de 1828 – nommée « Chapelle des Pénitens » (sic)feuille G4 / parcelle 656) qui se trouvait non loin de l’entrée de l’actuel stade Marius Requier. L’oratoire toujours présent à proximité des lieux est peut-être en souvenir de celle-ci.

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2 – Le cimetière du village : XVIIIe siècle, puis déplacement à la toute fin du XIXe siècle.

Demandé par les habitants à la fin du XVIIe siècle, en plus de l’église, le cimetière du hameau des Milles est probablement apparu au début du  XVIIIe siècle, en même temps que l’église. Il se trouvait à l’emplacement de l’actuel parking qui se trouve à proximité de l’église (et peut-être dans ses tous premiers temps, quelques dizaines de mètres de là, à l’est, à proximité de la maison claustrale).

Avec le temps, la place commença à manquer, et lors du conseil municipal du 14 juin 1888, la question est posée : faut-il agrandir le cimetière actuel de l’église ou le déplacer ? (source : Le National du 17 juin 1888 – page 2, colonne 2)

Finalement, à la toute fin du XIXe siècle, décision fut prise de le déplacer à la sortie ouest du village, lieu qu’il occupe encore de nos jours.

Le journal Le National du 5 juillet 1891 (page 2 colonne 4) indique que la ville lança l’ouverture d’une enquête, par arrêté en date du 3 juin 1891, en vue de l’acquisition de terrains destinés à accueillir le nouveau cimetière.

Son déménagement a, par ailleurs, créé quelques désaccords. Le National du 19 juillet 1891 (page 3) nous apprend qu’à l’époque, les habitants ont reproché à la municipalité le choix du terrain destiné à l’accueillir, jugé trop éloigné. Le journal La Provence nouvelle du 6 mars 1892 (page 2 – 3ème colonne), indique que c’est cette année là (en 1892) que le préfet a approuvé l’achat du terrain destiné à accueillir ce nouveau cimetière.

Cependant, tout laisse à croire que ce déménagement ait pris un certain temps et que le cimetière de l’église, ainsi que son remplaçant, aient coexisté durant un temps : en effet, un plan des lieux levé en 1910 mentionne la présence simultanée de ces derniers à leurs emplacements respectifs à cette époque.

Le « nouveau » cimetière des Milles installé à la sortie ouest du village s’est étendu depuis la fin du XIXe siècle au cours de plusieurs agrandissements :

– A sa création, à la fin du XIXe siècle, il occupait une surface d’environ 4000 m²,
– Vers 1942, premier agrandissement : sa surface passa désormais à environ 7200 m² (source : Le Mémorial d’Aix du dimanche 26 avril 1942 page 1 colonne 3),
– Au début des années 1960, un second agrandissement, majeur celui-ci, a fait quintupler sa surface pour atteindre à 37000 m²,
– Dans le milieu des années 1990, dernier agrandissement en date, les lieux occupent désormais, en 2019, environ 51000 m² (mesures de surfaces réalisées avec le logiciel Google Earth).

La moitié de la parcelle du dernier agrandissement est encore inoccupée au moment où ces lignes sont écrites, comme vous pouvez le constater sur l’illustration ci-dessous :

Evolutions-parcelles-cimetière-des-Milles
L’évolution du cimetière des Milles de la fin du XIXe siècle à 2019

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3 – La gare des Milles et le pont du chemin de fer : 1856

L'ancienne gare des Milles
L’ancienne gare des Milles

À l’origine, c’était juste la ligne Aix-Rognac. D’une longueur d’environ 25 km, elle fut mise en chantier en 1854. La construction de la gare des Milles débuta en 1855 (source : Rapports et délibérations / Conseil général du département des Bouches-du-Rhône – 1855, page 73). Le voyage inaugural eut lieu le 31 aout 1856. Cependant, il fallu attendre le 10 octobre 1856 pour son ouverture commerciale et donc, que les voyageurs puissent l’utiliser.

La gare des Milles et son ancien quai
La gare des Milles et son ancien quai voyageurs

Partant d’Aix, le train passait alors respectivement par les gares des Milles, une halte à Saint-Pons (qui ne fut ouverte qu’à partir de 1894), Roquefavour, Velaux et enfin Rognac.

Le long de la voie ferrée, à une cinquantaine de mètres de la gare, se dresse un bâtiment autrefois en rapport avec celle-ci, celui des marchandises :

L'ancien bâtiment des marchandises de l'ancienne gare des Milles (côté voie)
L’ancien bâtiment des marchandises de l’ancienne gare des Milles (côté voie)

Les archives de la B.N.F. nous apprennent qu’un projet de construction d’une gare de marchandises aux Milles fut présenté le 17 mai 1883 et approuvé par un décret du 25 septembre 1883.

En 1895, le hangar et les quais de la partie de la gare dédiée aux marchandises furent agrandis (source Le Mémorial d’Aix du 26 juillet 1896 – page 2, colonne 3)

En décembre 1896, une première borne-fontaine y fut installée (source : Le Mémorial du 17 décembre 1896 – page 2, colonne 4).

En octobre 1898, un nouvel agrandissement, ajoutant des voies de garages (jusqu’ici jugées insuffisantes) fut adopté (source : Le National du 16 octobre 1898 – page 3, colonne 1).

Aux Milles, la voie ferrée enjambe l’Arc à l’aide d’un pont (lire l’article consacré à ce pont en cliquant ici) situé à deux pas de la gare :

Le pont ferroviaire vu depuis la rive sud de l'Arc
Le pont ferroviaire vu depuis la rive sud de l’Arc

Son tablier accueille non seulement des rails mais aussi un chemin (le chemin n’accueille plus de véhicules de nos jours) :

Le pont ferroviaire au dessus de l'Arc aux Milles
Le pont ferroviaire au dessus de l’Arc aux Milles

Il est important de rappeler que si le train a apporté un certain confort, tout était cependant bien différent comparé à aujourd’hui. Pour aller à Aix, pas de souci, le voyage était direct.

Un revanche, un problème s’est posé durant les 21 premières années d’existence de la gare, de 1856 à 1877 : le voyage vers Marseille n’était pas direct, le train faisait un détour par Rognac. Le trajet Aix-Rognac à lui seul durait déjà 1 heure 11 minutes. Avec le trajet jusqu’à Marseille le temps total du trajet Aix-Marseille prenait jusqu’à 2 heures (les Milles étant proche d’Aix, les durées des voyages à partir du village étaient quasi-similaires qu’à partir d’Aix). Plus d’infos.

Ce souci prit fin en 1877, année où la ligne d’Aix fut directement reliée à Marseille, désormais, le temps de trajet vers Marseille était réduit à environ 1 heure 30 minutes (la durée du trajet a sans doute été encore réduite au XXe siècle en raison des progrès techniques). En savoir plus.

A partir de cartes postales anciennes, de vues aériennes anciennes et de relevés sur place, j’ai pu reconstituer le réseau de voies qui parcouraient le secteur de la gare jusqu’au début du XXe siècle (en principe et après moult vérifications, le plan me paraît correct) :

Le plan des voies ferroviaires de l’ancienne gare des Milles au début du XXe siècle

Le plan ci-dessus nous montre que si de nos jours une seule voie est présente et en fonction, il y en avait plus à l’origine. Certains vestiges de voies aujourd’hui désaffectées sont toujours observables mais noyées dans la végétation.

On y retrouve aussi :
des quais pour les voyageurs de chaque côté de voie,
– un passage piéton au niveau de la gare pour traverser les voies,
– un bâtiment (local technique ?) aujourd’hui disparu qui se trouvait face à la gare,
– un autre bâtiment aujourd’hui disparu qui se trouvait à gauche de la gare et qui faisait office (entre autre de toilettes),
– on remarque l’entrepôt couvert en bois qui existe toujours en 2020, prolongé par un quai de déchargement à sa droite,
– plus à l’ouest on distingue un long quai de déchargement, probablement destiné aux marchandises, le long duquel se trouve aujourd’hui le « wagon souvenir »,
– des voies de garage (sans issues) étaient présentes au sud de l’ensemble et à l’ouest de la gare,
– plusieurs aiguillages, dont certains éléments subsistent toujours, qui permettaient aux trains de changer de voies selon les besoins.
– la voie, simple à l’ouest de la gare, se multipliait au niveau de celle-ci, jusqu’à reprendre une forme simple et unique à l’est juste avant d’emprunter le pont ferroviaire.

Depuis le 18 avril 1939, la gare des Milles et cette ligne Aix-Rognac n’accueillent plus de voyageurs, une décision prise lors de l’approbation d’un « plan départemental de l’organisation des transports public de voyageurs »voir ici, pages 58-59. Lors de la mise en place de cette modification, aucun service de remplacement par la voie du rail n’a été mis en place, les lignes routières ayant alors été considérées comme « assurant une déserte convenable des usagers ».

Cependant, les voies accueillent toujours le trafic ferroviaire des wagons de marchandises.

Fait exceptionnel toutefois : entre 2007 et 2008, les voies ont de nouveau quelquefois accueilli provisoirement des trains de voyageurs, le trafic ayant été détourné à l’occasion de travaux effectués sur les lignes habituelles.

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4 – Le pont de l’avenue Marcel Roche : Construit en 1845 – Partiellement reconstruit entre 1907 et 1909

Le pont routier (avenue Marcel Roche) au dessus de l'Arc aux Milles
Le pont routier (avenue Marcel Roche) au dessus de l’Arc aux Milles

Avant sa construction, la traversée se faisait déjà à cet endroit par un gué / bac et par un pont fait de planches de bois.

Le Mémorial d’Aix au 13 août 1843 (page 3) nous apprend que sa construction fut décidée par délibération en août 1843, afin de raccorder l’ancien chemin vicinal vers Eguilles au hameau des Milles. Sa première pierre fut posée le 20 juillet 1845 (date mentionnée sur l’un des piliers du pont).

Ce pont n’est plus intégralement d’origine car le 8 novembre 1907, de forts orages ont causé d’importantes inondations causant de nombreux dégâts aux Milles, en particulier sur ce pont qui s’effondra partiellement (source : Le Mémorial d’Aix du 24 novembre 1907 – page 1, colonne 4). Pour permettre aux habitants de traverser l’Arc en attendant que le pont soit réparé, une passerelle provisoire fut construite à quelques mètres en aval. On la distingue sur la photo ci-dessous, devant le pont :

La passerelle provisoire ouverte le 6 janvier 1908 en attendant la reconstruction du pont sur l’Arc aux Milles (Détail d’une carte postale ancienne)

Elle fut mise en service le lundi 6 janvier 1908, avec l’interdiction d’y faire circuler des charges supérieures à 1000 kg (source : Le National du 12 janvier 1908 – page 2, colonne 5). La reconstruction du pont ne fut achevée qu’en décembre 1909 Il aura donc fallu attendre plus de deux ans après les inondations pour que la circulation des piétons et des véhicules sur cette portion de l’ancien chemin d’intérêt commun n°12 ait pu reprendre son cours normal (source : Le Mémorial d’Aix du 9 décembre 1909 – page 2, colonne 3).

Le coût total des travaux de reconstruction du pont fut de 9200 francs de l’époque (source : Rapports et délibérations / Conseil général du département des Bouches-du-Rhône – 1912, page 634).

Quant à la passerelle, désormais devenue inutile, elle fut mise en vente en 1911. A cette occasion plusieurs pierres de Rognes arrachées à l’ancien pont lors de sa destruction furent aussi mises en vente cette année là (source : Rapports et délibérations / Conseil général du département – 1911, page 50).

En 2007, le pont fut rénové. A cette occasion, sa largeur est passée de 6,50 mètres à 8,30 mètres, avec une reprise du tablier en béton armé. Les arches ont été consolidées et de nouveaux garde-corps ont été posés et la consolidation des arches et pose de nouveaux garde-corps (source : Aix en Dialogue de juin 2011, page 49).

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5 – Le lavoir des Milles : à partir de 1898

A deux pas du pont de la rue Marcel Roche se trouve l’ancien lavoir du village dit « le lavoir de nos grand-mères ». Tout laisse à penser que le lavoir actuel n’est pas le premier à cet endroit ou, du moins, qu’il ait été intégralement reconstruit fin XIXe – début XXe siècle en raison d’un trop mauvais état.

Le journal le Mémorial d’Aix du 17 juin 1897 (page 1) et le journal le National du 19 décembre 1897 (page 2) mentionnent que la reconstruction du lavoir était nécessaire en raison de son fort état de délabrement.

L'ancien lavoir du village
L’ancien lavoir du village

Au dessus de l’entrée, une date est mentionnée : 1898. Cependant, le National du 13 juin 1897 (page 2, 5ème colonne) et le Mémorial d’Aix du 17 juin 1897 (page 1, 5ème colonne), soit un an avant 1898, évoquaient la reconstruction du lavoir des Milles. Le journal le National du 17 décembre 1897 (page 2, 2nde colonne) parlait lui d’un « état de délabrement » de l’édifice. Des informations qui laissent supposer qu’un autre lavoir en mauvais état existait déjà aux Milles (au même endroit ?) avant celui achevé en 1898, ou que cette date indique une profonde rénovation, remettant l’édifice à neuf.

En 1900 le Mémorial d’Aix du 28 janvier 1900 (page 3, 1ère colonne) évoquait un devis supplémentaire pour la construction du lavoir, ce qui pourrait indiquer que cette date de 1898 sur le fronton n’indique pas l’achèvement de l’édifice mais vraisemblablement la fin d’une première phase de travaux. Le lavoir ayant peut-être subi d’autres travaux en lien avec le devis de 1900.

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6 – La fontaine du cours Marcel Brémond : env. 1900

Le cours Marcel Brémond n’est pas la place historique du village (la place Aimé Gazel est la plus ancienne), il a été créé au tout début du XXe siècle. Le Mémorial d’Aix du 21 aout 1898 (page 2) nous apprend que cette année là, les habitants du « hameau des Milles » furent amenés à se prononcer sur la réalisation d’un projet pour le village.

Ils auraient bien souhaité en réaliser plusieurs mais les finances de la ville d’Aix n’étaient pas au plus haut. Par conséquent, les millois durent faire un choix et se décider sur ce qu’ils souhaitent en priorité pour leur village. Trois choix s’offraient alors à eux :
soit, une place avec fontaine au milieu et bordée de platanes,
 soit, la réfection des bornes – fontaines,
 soit, la réalisation d’un cours ou d’un boulevard.

Au final, c’est le projet d’une place bordée de platanes avec une fontaine qui a été retenu, le Mémorial d’Aix du 19 octobre 1899 (page 2, colonne 5) évoquait alors le projet « …d’une promenade de 12 mètres de largeur avec chemin latéral de 6 mètres de largeur (…) bordures de trottoirs, pavés, bancs de repos, plantations, chaussées empierrées, bouches sous trottoirs et d’incendies, fontaine centrale, règlement du sol de la promenade, tuyaux de plombs, robinets… » Le tout pour un coût de 6489 francs de l’époque.

Cette place est ornée d’une fontaine surmontée d’une statue, œuvre du sculpteur dijonnais Mathurin Moreau (1822-1912) qui collabora avec les fonderies du Val d’Osne, autrefois situées au 58 bd. Voltaire à Paris.

Si vous demandez dans le village, on vous dira sûrement que cette statue représente « Cérès », la déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité, or… et bien oui et non. Après recherches, on constate en effet, pour être précis, que l’on devrait parler de « l’Été ».

En effet, on la retrouve dans l’ancien catalogue de la fonderie du Val d’Osne paru en 1880 (voir ici, ici et ici) sous la dénomination « L’Eté » (voir l’illustration ci-dessous) :

La statue aux Milles et sa représentation dans le catalogue de 1880 des fonderies du Val d'Osne où elle y est nommée
La statue aux Milles et sa représentation dans le catalogue de 1880 des fonderies du Val d’Osne où elle y est nommée « l’Été ».

Un catalogue plus ancien (1864), de cette même fonderie nous donne, à la page 189, d’autres renseignements sur cet « Été » comme sa hauteur : 1,62 m., sa largeur : 0.525 m. ou encore son poids : 213 kg.
A savoir : Celle des Milles et loin d’être unique car j’ai recensé au moins 4 de ses jumelles en France et au moins 8 à l’étranger.
Des exemplaire identiques à cette statue sont visibles :
– en France à Lamarque (Aquitaine), Montélimar (Drôme), Avallon (Yonne), Fontaine-Française (Côte d’Or).
– en Espagne à Montoro (Andalousie), Avilès (Asturies), Vegadeo (Asturies).
– au Portugal à Porto.
en Italie, où l’en en trouve au moins quatre exemplaires, je vous invite à suivre ce lien qui en recense quelques unes.

Soit un total d’au moins 13 exemplaires (celle des Milles comprise) répartis en Europe, et c’est un minimum.

Alors, pour en revenir à son nom : « Cérès » ou « l’Été » ?
Un peu des deux visiblement. En fait, pour ce même modèle, la dénomination retenue semble changer selon les lieux. Pour certains, c’est « Cérès », pour d’autres « l’Été ». Mais si on s’en tient au catalogue de la fonderie, et si on veux respecter scrupuleusement ce catalogue, on devrait alors parler de « l’Été ».

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7 – Les monuments aux morts du village : 1920 – 1922

Le village en compte deux. L’un se trouve à l’entrée sud du cimetière, l’autre se trouve au milieu de l’actuelle place du 8 mai (le terrain de boules face à l’ancienne gare).

Le deux monumenrs aux morts du village - A gauche celui du cimetière, à droite celui face à la gare
Le deux monuments aux morts du village – A gauche celui du cimetière, à droite celui face à la gare

Leur inauguration remonte au 2 octobre 1921 (inscription sur le monument de la palce du 8 maiet n’a pas été des plus simples en raison, à l’époque, de la difficulté de se mettre d’accord sur les terrains destinés à les accueillir. (Sources : l’ouvrage « Je voudrais tant revoir le clocher de mon village » de Monique Bondil et Marc Martin – Pages 220 à 224 – et le site des archives municipales.)

Plans des projets des monuments aux morts des Milles (juin 1921)
Plans des projets des monuments aux morts des Milles (juin 1921) – © Archives Municipales -2M35

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8 – Le « wagon souvenir » sur le chemin des déportés : remplacé en 2015

L'ancien et le nouveau wagon en souvenir de la déportation
L’ancien et le nouveau wagon en souvenir de la déportation

Il faut savoir que le wagon installé à cet endroit jusqu’en 2015 a été changé cette année là. En 2015, il a été remplacé par un wagon des années 40, un modèle qui correspondrait d’avantage. Il a été ramené de Miramas, restauré en 2014 et inauguré le 21 septembre 2015 (Source : La Provence du 22/09/15 – page 5).

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9 – La fontaine du square Robert Lagier :

La fontaine du square Émile Lagier à l'entré du village - Ancienne fontaine du parc de l'ancien casino municipal
La fontaine du square Robert Lagier à l’entré du village – Ancienne fontaine du parc de l’ancien casino municipal

La fontaine ornant ce square situé à l’entrée du village provient du parc de l’ancien casino municipal qui se trouvait le long de l’avenue Bonaparte à Aix-en-Provence. Le casino fut bâti en 1923 et détruit en 2003, la fontaine fut quant à elle récupérée et installée aux Milles, sur le square Robert Lagier dans le milieu des années 2000.
On la retrouve sur une photo prise dans les années 90, lorsqu’elle était adossée au restaurant du casino. En savoir plus.

Il est regrettable que rien sur place ne mentionne la provenance de cette fontaine. Elle est pourtant l’un des derniers souvenirs encore visible du casino.

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10 – Le débouché de l’avenue Albert Decanis sur la place Aimé Gazel :

Le cadastre napoléonien dressé en 1828 (feuille G4 – 3P46) nous montre une curiosité. Le débouché de l’actuelle avenue Albert Decanis sur la place Aimé Gazel a changé avec le temps. Le passage se faisait autrefois, un pâté de maison plus bas qu’aujourd’hui.

Le passage où passe aujourd’hui la rue était en effet occupé par des maisons aujourd’hui disparues. Voyez la comparaison ci-dessous :

Illustration des maisons supprimées au XIXe siècle et du changement de tracé de l'avenue Albert Decanis - Photo de gauche :© Archives Municipales d'Aix / Photos du centre et de droite : © Google Earth
Illustration des maisons supprimées au XIXe siècle et du changement de tracé de l’avenue Albert Decanis – Photo de gauche :© Archives Municipales d’Aix / Photos du centre et de droite : © Google Earth

Ces travaux remontent à 1925 où l’élargissement de la la traverse du chemin n°13 (voie perpendiculaire à ce chemin) sur une soixantaine de mètres fut adopté (source : Rapports et délibérations / Conseil général du département des Bouches-du-Rhône – séance du 17 mai 1923, page 994).

Cet élargissement a causé la destruction de maisons qui occupaient le tracé aujourd’hui emprunté par la rue Albert Decanis avant de déboucher sur la place Aimé Gazel. Les expropriations eurent lieu en 1925 (source : Rapports et délibérations / Conseil général des Bouches-du-Rhône – séance du 22 mai 1925, page 1025).

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11 – Un panneau indiquant l’ancien chemin vicinal de grande communication n°15 :

Un ancien panneau indiquant le chemin de Grande Communication n°15
Panneau de l’ancien chemin vicinal de grande communication n°15

Ce panneau se trouve sur une maison face à l’église du village. On peut y lire que le tracé le long duquel il se trouve formait autrefois le chemin vicinal de grande communication n°15. On peut aussi y lire des indications de distances : de ce point, la ville d’Aix se trouve à 6,460 km et Le Griffon (Vitrolles) à 13,710 km.

C’est en 1904 que ce chemin gagna cette appellation (son tracé est quant à lui bien plus vieux). A partir de 1938, il devient D9. Ceci jusque dans les années 1966-68 ou la création d’une voie de contournement du village par le sud (l’actuelle voie rapide) allait reprendre ce rôle de D9. Plus d’infos ici et ici.

A partir de là, l’ancien chemin vicinal de grande communication n°15 allait désormais être formé de deux rues distinctes : les actuelles avenues Louis Amouriq en direction de l’ouest et Frédéric Mistral en direction de l’est.

Historiquement, le tracé de cette voie est très ancien car on la trouve nommée « chemin de Martigues » sur un plan du terroir d’Aix daté de 1696. Il ne faut cependant pas se limiter au XVIIe siècle, sa création remontant très probablement à une période bien antérieure.

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12 – Le chemin de la Badesse n’a pas toujours été une impasse :

En effet, jusque dans le premier quart du XXe siècle environ, cette voie était reliée à l’actuelle route départementale D65 vers Saint-Pons. Sur d’anciens plans, elle est mentionnée sous l’apellation « chemin vicinal n°12 de Saint-Pons à Aix ». Plus d’infos. – Voir aussi ce plan de 1910 où la voie n’était pas encore une impasse.

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13 – La rue Marcel Roche n’a pas toujours été piétonne :

La rue Marcel Roche aujourd'hui piétonne
La rue Marcel Roche aujourd’hui piétonne

Cette rue aujourd’hui piétonne située en plein cœur du quartier des Demeures de Monclar a changé de rôle au cours de son existence et elle a longtemps cohabité avec les véhicules. Avant la création de l’actuelle rue Marcel Mouttet et du quartier pavillonnaire au début des années 80, c’est par la rue Marcel Roche que l’on quittait le village par le nord (et que l’on pouvait, par exemple, rejoindre la route de Loqui en direction d’Eguilles).

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14 – Le calvaire de la rue Albert Decanis : 1803

Le calvaire de la rue Albert Decanis
Le calvaire de la rue Albert Decanis

Cette imposante croix est dréssée à l’intersection des rues Albert Decanis, Henri Reynaud et Saint-Pons. Sur la base en pierre sculptée, une inscription très altérée mentionne la date de son installation, en 1803. Elle est mentionnée sous le nom « Calvaire Decanis » (id. carto. EP018) sur la liste des éléments du patrimoine bâti pour le P.L.U. de 2015 (P.L.U. planche A54).

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15 – Les écoles du village : plusieurs dates

Certaines n’en sont plus :
– Dans la première moitié du XXe siècle l’école communale se trouvait au 7 rue de l’église, elle devint par la suite la maternelle Li Campanetto (dont les bâtiments semblent avoir été modernisés plus tard). Les lieux accueillent depuis janvier 2014 la médiathèque Li Campanetto, (oui, le même nom que la maternelle) annexe de la bibliothèque Méjanes.
– Toujours dans le début du XXe siècle une maternelle se trouvait dans la cour près du 2 avenue Roger Chaudon.
– Au chapitre des écoles disparues, on m’a parlé d’une école (ou ce qui s’y apparente) qui aurait existé vers la seconde moitié du XIXe siècle et qui aurait été située à proximité de l’entrée de l’actuel stade.
Celles qui sont toujours là :
– L’école Sainte-Bernadette au 5 rue de l’église. Remontant au XIXe siècle, elle ouvrit ses portes en 1874 et accueille toujours des élèves (en savoir plus),
– Les écoles Marie Mauron et Joseph Roumanille qui datent de la toute fin des années 50 – début 1960,
– L’école Auguste Boyer qui remonte au tout début des années 90.

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16 – La croix de la mission de la rue Albert Couton : 1847

La croix de la mission de 1847
La croix de la mission de 1847

Autre imposante croix visible dans le village, c’est une croix de mission. Ces croix de missions, visibles partout en France, étaient installées pour célébrer des « missions » visant à restaurer la pratique du culte catholique qui avait été proscrite dans le pays lors de la période révolutionnaire. Celle-ci a été érigée en souvenir d’une mission donnée en 1847.

Dans le centre-ville d’Aix on en trouve aussi une datée de 1820 (située à l’entrée de l’avenue des Belges).

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17 – La chapelle du Serre : 1946

La chapelle du Serre aux Milles
La chapelle du Serre aux Milles

Érigée et inaugurée en 1946, cette chapelle aux très petites proportions résulte, sous l’impulsion d’un religieux, l’abbé Berriat, du vœu de construire une chapelle dominant le village, si celui-ci était épargné lors de la retraite allemande pendant la seconde guerre mondiale.

Malgré sa très petite taille, elle n’est pas qu’un décor, c’est une « véritable » chapelle. Pour preuve en 1945, peu avant sa construction, l’archevêque d’Aix-en-Provence est venu bénir le terrain destiné à l’accueillir. Pour son édification, tout le village y a mis du sien, selon ses moyens : le terrain a été offert par une habitante, des matériaux ont été apportés par certains, tandis que d’autres s’occupaient de la construction qui s’étala sur plusieurs mois. (Source : L’ouvrage « Les Milles, notre village à travers les âges » de Lou Barrit – Pages 151 à 154).

Elle est encore utilisée, notamment, entre autre, lors de la cérémonie de la transhumance qui a lieu tous les ans au printemps, afin de bénir les moutons.

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18 – L’Étoile Sportive Milloise : 1922

Le club de football du village. On trouve mention de sa création en date du 9 novembre 1922 dans le Journal Officiel publié le 22 novembre 1922 (voir sur le site de la BNF). J’ai retrouvé le document en question, visible ci-dessous :

L'inscription au Journal Officiel de l'E.S.M.
Extrait du Journal officiel du 22/11/1922 – Photo : © Gallica-BNF

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19 – L’ancienne coopérative des Milles (aujourd’hui Espace des Vignerons) : 1924 – 2011-12 (DISPARUE)

Bâtie en 1924, modifiée en 1951, 1968 et 1973, rasée vers 2012.

L'ancienne coopérative des Milles, aujourd'hui détruite - Photo : Google Maps
L’ancienne coopérative des Milles, aujourd’hui détruite – Photo : © Google Maps

Le lieu accueille aujourd’hui un nouveau bâtiment « L’Espace des Vignerons » inauguré le 21 juin 2014. L’inscription sur le fronton « Coopérative vinicole des Milles » marque le souvenir de l’édifice qui se trouvait là il y a encore quelques années.

L'Espace des Vignerons qui a remplacé l'ancienne coopérative
L’Espace des Vignerons qui a remplacé l’ancienne coopérative

Malgré son nom, l’édifice actuel n’a plus rien à voir avec l’ancien. Plus d’infos ici et ici.

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20 – La petite tuilerie des Milles (ou petite usine) : 1913 – 1939 (DISPARUE)

Pour rappel, il y eu deux tuileries aux Milles. Celle mentionnée ici, la « petite usine » comme elle était aussi appelée par les habitants, se trouvait en partie à l’emplacement occupé aujourd’hui par Carrefour (qui s’appelait Escale à son ouverture le 25 août 1971; puis Euromarché le 4 avril 1972 et Carrefour depuis 1992).

Cette petite usine a duré beaucoup moins longtemps que la tuilerie du chemin de la Badesse. Plutôt que de me répéter sur son histoire, ce lieu a déjà été traité sur le site => En savoir plus.

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21 – La « grande » tuilerie des Milles (aujourd’hui Site-Mémorial du Camp des Milles) :

L'ancienne tuilerie des Milles, aujourd'hui Site-Mémorial du Camp des Milles
L’ancienne tuilerie des Milles, aujourd’hui Site-Mémorial du Camp des Milles

Cette ancienne tuilerie située le long de l’actuel chemin de la Badesse a été ouverte en 1882. On imagine que ce lieu n’a pas été choisi par hasard : de l’argile était extrait au nord du village, la rivière l’Arc en contrebas apportait l’eau, et la gare non loin de là aidait au transport.

Dans la nuit du 3 au 4 mai 1911, elle fut ravagée par un incendie la détruisant en grande partie :

Un article relatant l’incendie
– Extrait du journal « L’argus » du 14 mai 1911 (B.N.F. / Gallica)

Elle fut rebâtie dans un style légèrement différent de l’ancien et finit par rouvrir ses portes. Lors de la seconde guerre mondiale, le site ferme et, de 1939 à 1942, devient un camp où plus de 10 000 personnes sont internées et d’où plus de 2000 hommes, femmes et enfant, seront déportés vers les camps de la mort, notamment celui d’Auschwitz.

Le site retrouva son rôle de tuilerie après la guerre, à partir de 1946, ceci jusque dans les années fin 90 – début 2000 où le site ferma définitivement.

Le 10 septembre 2012 fut inauguré le Site-Mémorial du Camp des Milles. – Plus d’infos ici et ici.

Fait insolite concernant les tuiles produites aux Milles En mars 2017, un internaute m’a contacté pour m’indiquer qu’il avait retrouvé des fragments de tuiles fabriquées aux Milles. Le plus curieux dans cette histoire ? Il a trouvé ces tuiles en Malaisie dans la région de Fraser’s Hill’s, soit à plus de 10 000 km du village des Milles !

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22 – Une stèle en souvenir de travaux réalisés par le marquis d’Olivary : XIXe siècle

(Merci à Mr Jérôme Calappi qui m’a indiqué l’existence de cette stèle.)

Elle est située au bout du chemin de l’Olympe (le chemin allant vers le nord au bout de chemin de la Badesse). Cette pierre est de taille moyenne et se trouve plutôt (trop ?) bien camouflée par la végétation :

La stèle au bord du chemin
La stèle au bord du chemin

Son état n’est pas au beau fixe : avec la terre qui recouvre une partie de sa base et la végétation qui l’entoure (et surtout, sans compter les effets du temps) on peine a lire ce qui y est écrit. Cependant, avec de la patience, on y parvient. Elle porte l’inscription suivante (retours à la ligne identiques à ceux de la pierre) :

« EN 1809
M D’OLIVARY
PROPRIÉTAIRE DE CAMPREDON
A REDRESSÉ LE COURS DE
L’ARC QUI DÉVASTAIT SES
TERRES ET CELLES DE SES
VOISINS. LE COMICE AGRICOLE
D’AIX RECONNAISSANT LE
MÉRITE ET LE SUCCÈS DE
SES TRAVAUX LUI A DÉCERNÉ
EN 1809 UNE MÉDAILLE
D’HONNEUR »

On y lit donc qu’un certain Mr d’Olivary a été récompensé pour des travaux ayant permis de dompter une partie de l’Arc qui passe à proximité de ses terres. Une médaille lui a été remise par le comice agricole d’Aix en 1809 (un comice est un rassemblement de propriétaire et fermiers afin d’améliorer les procédés de culture et d’élevage).

Après recherches, je peux affirmer que le membre de la famille cité sur cette pierre ne peut-être que le marquis Gaston Marius Ovide d’Olivary – ou d’Olivari (1774-1865).

Les d’Olivary sont une très ancienne famille de parlementaires aixois qui ont possédé le domaine de Campredon. La stèle se situe à un emplacement autrefois inclus dans le domaine, cependant, il n’est pas impossible qu’elle ait été déplacée depuis le temps et, par conséquent, que son emplacement actuel ne soit pas l’original.

Le domaine de Campredon existe toujours et se trouve en bordure de la D65 vers Saint-Pons. Mais il faut savoir qu’autrefois, la surface occupée par le domaine s’étendait d’avantage vers l’est, en partie, au moins, jusqu’à la zone aujourd’hui occupée par L’E.N.S.O.S.P. et l’aérodrome des Milles.

La vie du marquis d’Olivary ne s’arrête pas à ses terres et à cette médaille, on le retrouve ainsi nommé membre titulaire de l’Académie d’Aix en 1808, adjoint au maire vers 1810provisoirement maire de la ville d’Aix durant une courte période vers 1815 – 1816. Des documents le mentionnent aussi en tant que sous-préfet provisoire vers 1816 Plus d’infos ici et ici.

Quant au « pourquoi » du nom du chemin de l’Olympe où se trouve encore la stèle, il n’est peut-être pas à chercher bien loin quand on sait que l’une des filles du marquis se nommait… Olympe !

Le nom des d’Olivary est d’ailleurs encore présent à Aix car le marquis avait fait l’acquisition en 1798 de l’hôtel particulier situé au 10 rue du 4 septembre, toujours nommé Hôtel d’Olivary. Plus d’infos ici, ici et dans l’édition pdf d’Aix le Mag de sep. – oct. 2017 (page 23).

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23 – L’ancienne Base Aérienne 114 « Général Andrier » : XXe siècle (FERMÉE AU XXIe)

Située à au nord-est du village des Milles, ce terrain servait avant 1940 aux avions de liaison de l’EM de la 4ème région aérienne. Les soldats allemands s’y installèrent dans des installations provisoires de fin 1942 à début 1944 qu’ils ont détruites en quittant les lieux à la fin de la guerre.

A partir de 1945, les avions de la Section de liaisons aériennes 91 quittèrent le site de Marignane pour celui des Milles, dans un premier temps dans des installations sommaires. Ça n’est qu’à partir de 1947 que de nouvelles installations ont été construites et que la piste a été agrandie. A cette époque, l’EM de la 4ème région aérienne s’installa à Aix à la caserne Forbin et le bataillon de l’Air 1/114 y fut crée. Le bataillon était né, mais pas encore installé aux Milles.

Le rattachement d’unités supplémentaires au bataillon de l’Air 114 de Forbin a eu pour conséquence la création d’une base aux Milles, en 1959 : la BA 207. Mais cette dernière fut dissoute trois ans plus tard, et fut rattachée à la BA 114 de Forbin.

Ça n’est qu’en 1967 que la BA 114 sera installée aux Milles, une période où de nombreux travaux d’aménagement y ont été effectuées (plus d’informations sur l’ancienne BA 114 en cliquant ici).

insigne ba114 aix les milles
L’un des insignes de l’ancienne BA 114 d’Aix-les-Milles – Photo : ma collection perso

Le 1er juillet 2002, la base fut dissoute pour devenir le DA 114 jusqu’à être définitivement fermée le 1er septembre 2003 (source).

De nos jours, une partie du site accueille l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeur Pompiers inauguré le 17 mars 2011. L’autre partie occupe quant à elle un aéro-club (source).


Une carte pour tout recenser : 

Cliquez ici si la carte ne s’affiche pas correctement.


Pour finir :

Voici un texte par Numa Coste, extrait du Mémorial d’Aix du 21 avril 1889 (repris d’un extrait de l’ancien journal « Le Sémaphore de Marseille) qui évoquait le village à l’époque, non sans un certain trait d’humour :

« Le hameau des Milles qui se trouve le long de l’Arc, sur la ligne de Rognac à Aix, à quelques kilomètres de Roquefavour, est remarquable par son obscurité autant que par sa banalité. Il est situé dans la plaine en face d’un plan incliné qui lui ferme l’horizon du côté du midi, au centre d’un territoire argileux et peu planté : les amandiers y sont rares et les oliviers ne s’y plaisent pas du tout, puisqu’ils ont préféré mourir.

On cite des savants qui sont devenus chauves à force de chercher une étymologie raisonnable au nom du hameau. Quelque géomètre ayant fini par découvrir que la quatrième borne militaire de la voie aurélienne d’Aix à Marseille se trouvait à cet endroit, depuis ce temps c’est une borne qui est officiellement la marraine du village…

En dehors de cet événement important pour l’histoire du pays, il ne s’est jamais rien passé de remarquable aux Milles : aucun homme célèbre n’a jugé à propos d’y recevoir le jour, et les seuls monuments dignes d’attirer l’attention des curieux sont deux moulins à vent décoiffés par les siècles, d’ailleurs inhabitables, même pour les pigeons. S

ans doute il faut qu’un endroit soit bien mal avec le système métrique pour ne pas se trouver à quatre milles de quelque part, mais les habitations qui partagent avec les Milles le privilège de se trouver à cette distance d’Aquae-Sextiae sont rigoureusement limitées. On sait du reste que deux bornes ne peuvent occuper le même espace.

L’agglomération principale s’est composée durant des siècles de quelques maisons d’assez triste apparence, tournant avec irrévérence le dos à la célèbre rivière dé l’Arc. Les fosses à purin, les puits, les étables et lés logements confondaient leurs produits et se communiquaient fraternellement, par endosmose et exonose comme disent les médecins leurs ferments nourriciers .  » Tout cela descendait, montait comme.une vague  », aurait dit le poète.

Aussi le pays n’était-il guère fréquenté que par quelques pêcheurs à la lignes avides de manger une friture en dehors du rayon de l’octroi. Du luxe il n’en existait pas, et si l’on dansait quelquefois sur l’étroite place débarrassée pour la circonstance du fumier qui y tenait lieu de pavé, bien sûr on n’y dansait guère.

Depuis l’avènement des chemins de fer, et surtout depuis la création de la tuilerie de là Méditerranée, les choses ont bien changé ; et si les Milles avaient aujourd’hui à faire choix d’un nom de famille, c’est celui de  » Tegulata «  qui serait de circonstance. Les savants qui chercheront à l’avenir une, étymologie aux Milles diront qu’elle vient de ce que les habitants étaient des tuiliers qui avaient l’habitude de compter à mille. Les habitants, las de cultiver un sol qu’il est d’usage de qualifier d’ingrat, ont pris le parti de l’exporter sous la forme de tuiles et de produits céramiques. Il en résulte Une circulation de plusieurs centaines de mille francs par an qui a permis d’endimancher les maisons et de construire des villas, des cafés, des buvettes et des bals plus ou moins champêtres.

Cela n’empêche pas la population de croître et de s’embellir quelquefois, et de s’en aller au cabaret sans doute parce que l’Ecclésiaste déclare qu’il est agréable de boire, de manger et de se réjouir, surtout lorsqu’on a passé sa journée à faire des tuiles. »


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